entete v pour vendetta2

1997, la troisième guerre mondiale a eu lieu, des continents ont disparu. Au Royaume-Uni, c’est Le Destin, un gouvernement totalitariste qui fait régner la terreur. Au milieu de cette société sans espoir, Evey est obligé de se prostituer pour survivre. Mais, alors qu’elle est prise au piège par la brigade de mœurs, un étrange personnage au masque de théâtre fait son apparition. Dans le sillage de cet être masqué répondant au nom énigmatique de V, la jeune femme va faire le douloureux apprentissage de la liberté… et de la vengeance.

Le comics des années 80 est marqué par l’avènement d’un type un peu étrange au pays des super-héros. Cet hirsute, sujet de la reine Elizabeth (d’Angleterre), aux tatouages aussi impressionnants que ses multiples bagues aux doigts révolutionne la BD américaine grand public en lui prouvant qu’elle peut dépasser les super-héros et autres joyeusetés en costume. Si le graphic novel était définitivement né avec Will Eisner, si la BD underground avait son pape avec Robert Crumb, c’est bien avec Alan Moore que la BD américaine allait passer à autre chose.

En 1982, Alan Moore et David Lloyd signent les premières planches de V pour Vendetta dans les magazines Doctor Who Weekly et Warrior. Il faudra attendre 1989 pour connaître la conclusion de cette histoire. Entre temps, nous aurons eu Watchmen. Une autre œuvre majeure, première BD à recevoir le prix Hugo (le Pulitzer de la SF…).

Pour ne rien vous cacher, il est très difficile de faire une synthèse de toutes nos chroniques à propos de cet album. Enfin… je pourrais simplifier le tout en disant : « A l’exception de Nico, un tout petit plus dubitatif que le reste de l’équipe, nous sommes tous d’accord pour placer V Pour Vendetta au panthéon des scénarii BD. Nous sommes en revanche plus partagés sur le dessin. Champi ne voit pas comment on aurait pu imaginer un graphisme différent, Badelel admire l’utilisation de l’ombre et du noir… ».

Mais voilà, la simplification avec V pour Vendetta, ça donne le film du même nom. Ça dénature. Car ce qui frappe dans ce récit c’est sa profondeur, sa richesse et tous les questionnements qu’il nous apporte sur notre société mais aussi sur nous-même. Comme le dit si bien Mo’, « V Pour Vendetta est tout bonnement diabolique ». Récit d’apprentissage par l’histoire d’Evey, récit de vengeance par le passé de V, récit d’anticipation par le contexte, brûlot politique à l’égard de la société anglaise des années Thatcher, pièce de théâtre en 3 actes, opéra dramatique, réflexions sur les thèmes de la liberté, de l’anarchie, de la politique, de l’éthique, du souvenir, de la peur, de la transmission d’un idéal… V pour Vendetta c’est toutes ces formes, tous ces thèmes. Et c’est seulement en tentant de faire une synthèse de nos chroniques que j’ai pu m’en apercevoir. De la vision de Paul, en passant par celle de Mo’, Lunch, Badelel, Nico, Champi et la mienne, on constate que V pour Vendetta résonne différemment en fonction des lecteurs et je dirais même des lectures.

Que dire de plus sinon vous invitez à découvrir nos chroniques, toutes différentes, toutes uniques.

Et pour conclure : une citation. Chacun y prendra ce qu’il souhaitera :
« Lorsqu’elle sentira le chaos la talonner, l’autorité ourdira les plus viles intrigues pour préserver un semblant d’ordre… Mais un ordre sans justice, sans amour et sans liberté, ce qui ne pourra ralentir longtemps la descente de leur monde aux enfers ».

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  1. Mo' la fée dit :

    excellente chronique Messire David ^^

  2. David dit :

    Excellente série surtout :-)

  3. paul dit :

    oula, on s’autocomplimente entre gens de kbd maintenant :D ! Mais oui elle est excellente ta chronique david ! (et la série aussi). Bon, le film était un peu réducteur mais pas si mauvais que ca quand même? je ne me rappelle plus. Pas un mot polémique sur la torture d’Evey par.. (chuut) ? qui apparaît si bizarre dans le film, et un peu dérangeant dans la bd.

  4. David dit :

    Le passage de la torture d’Evey (chapitre intitulé Valérie il me semble) est pour moi la plus grande réussite du film… justement parce qu’il colle complètement au scénario de la BD. En fait, le principal problème du film est qu’il essaye de montrer V comme un un super-héros. Chose qu’il n’est absolument pas. Ça pourrait être un détail mais au bout du compte, ça change complètement le message… en plus de la simplification logique lié au passage du texte au scénario de cinéma limité dans le temps.

  5. Mo' la fée dit :

    Je suis complètement en pétard à l’égard de ce film. Je trouve que seul le chapitre « Valérie » de la BD a été bien adapté mais sinon, cette interprétation est lamentable. Pathétique lorsqu’ils dansent un slow ensemble, plus que pathétique quand ils s’embrassent… Les personnages secondaires sont l’ombre d’eux-même (sauf Dellia, là je trouve que ça passe encore)… Rhâââ, gros budget américain qui n’arrive pas à la cheville de la BD

  6. Paul dit :

    la scène finale du film, avec le défilé des masques dans Londres (du genre ‘on peut tous être V’) apportait un petit plus quand même… non ?

  7. Lunch dit :

    Le film, je l’ai aimé quand je l’ai vu. Et je l’ai trouvé très bien. Maintenant, j’ai lu l’œuvre originale. Et je peux me permettre la comparaison : Je trouve qu’au niveau d’une adaptation originale, il y a franchement pire. Nous sommes plutôt dans le dessus du panier, du côté des réussites. Alors oui, il y a des raccourcis (et c’est logique comme le souligne David), il y a surtout ce changement de message qui est dérangeant pour tout amateur de la BD, car V n’est pas un super-héros et il n’est pas « gentil ». C’est une séquence émotion qui change tout et qui n’a pas la profondeur amenée par le récit de Moore. Mais, c’est une adaptation qui prends aussi son indépendance, qui apporte un message différent, et une fin originale. Oui, ce n’est pas fidèle à 100%, mais c’est pas non plus raté à mon goût.

    • k.bd dit :

      Pour toi lecteur…une explication !! En fait nous réalisons les articles ensemble, mais nous en discutons ensemble….aprés la publication…lol c’est un style Au moins c’est vivant ^^    

  8. Mo' la fée dit :

    oui d’accord ^^ En fait je l’ai vu deux fois ce film. La première fois quand il est sorti au cinéma. Ça faisait des années que je n’avais pas lu la BD et je l’ai trouvé bien. J’ai retrouvé des images qui m’avaient marquées dans la BD. La seconde fois que je l’ai vu, c’est juste après avoir relu la BD il y a moins d’un an. Bêtise !^^ On prend la mesure du décalage quand on a l’ambiance de la BD en tête et que c’est « bien frais ». Le message du film est tronqué, l’ambiance de cet univers n’est tout simplement pas la même, le charisme des politiciens non plus… Je trouve dommage que ce soit ce message qui reste, sachant que beaucoup ne feront pas l’effort de lire la BD sous prétexte qu’ils ont vu le film

  9. Cruchot dit :

    Oulala… Certes V pour vendetta est un classique, certes vous avez compris l’essence du message. Il n’empêche, votre billet contient pas mal d’inepties bien difficiles à avaler. « Le comics des années 80… » C’est quoi, le comics des années 80 exactement? Etpuis comics est un pluriel, on parle de comics ou de comic books, mais « du comics ». « …est marqué par l’avènement d’un type un peu étrange au pays des super-héros. » V pour Vendetta s’inscrit absolument pas dans le genre du super-héros. Loin de là. Et encore une fois, les comics ne se limitent pas aux supers-héros et mêmes ils existaient bien avant que ce genre n’apparaissent. « …révolutionne la BD américaine grand public en lui prouvant qu’elle peut dépasser les super-héros et autres joyeusetés en costume ». Premièrement, V pour Vendetta a été scénarisé et dessiné par deux auteurs anglais et est paru initialement en Grande Bretagne. Deuxièmement, les auteurs n’ont jamais prétendu écrire une série grand public. V est resté longtemps cantonné au milieu unerground et n’a été accuilli par les critiques que bien longtemps après sa sortie. Par ailleurs, elle doit être remise dans son contexte socio-politique d’origine: il s’agit d’une série dénonçant avec force les dérives d’un État totalitaire à l’époque ou la Grande Bretagne subit la politique de la la Dame de Fer (Margareth THATCHER). Ce qui explique aussi son dessin, marqué par l’époque (tout comme Watchmen d’ailleurs). Dépasser les joyeusetés en costumes? Vous avez déjà lu les histoires de « joyeusetés en costumes » de MOORE (Swamp Thing, Wild Cat’s…), Ellis (No Heroes, the Authority…) ou Garh ENNIS (The Boys, The Punisher, Judge DREDD…)? Ce terme est clairement péjoratif et témoigne d’une méconnaissance abyssal du médium et des auteurs. « Si le graphic novel était définitivement né avec Will Eisner » Faux! Le terme « graphic novel » est apparu pour la première fois en 1986 avec la série the Dark Knight de Franck MILLER. Et aujourd’hui encore, il est impossible de définir clairement le genre (même si on sait que c’est en en voyant un…). S’attaquer à une œuvre telle que V pour Vendetta démontre un bon goût évident pour les belles choses. V est clairement à classer dans le panthéon des meilleures histoires. Et encore une fois, vous en avez saisi la quintessence de son message. Mais s’y attaquer sans aucune recherche ni connaissance du milieu relève du suicide pur et simple. Je suis ravi que les aficionados de la franco-belge s’ouvrent (enfin) aux comics. Mais faites des recherches ou constituez vous un bagage avant de vous lancer dans des défis pareils. Bien à vous Tonton Cruchot. Cordialement.

  10. David dit :

    Cher Tonton, Tu m’embêtes là. J’avais prévu de faire une pause concernant la BD (désolé j’utilise ce terme au sens général du terme pour évoquer le média BD, j’espère que tu ne m’en tiendras pas trop rigueur). Bref, je suis toujours très heureux de discuter BD, c’est un vrai plaisir… Excepté lorsque j’ai un peu l’impression qu’on me prend pour un demeuré qui passe son temps à lire le top 10 de ventes BD… A savoir les Blondes, la majeure partie des éditions soleil et etc… Je ne me prends pas du tout comme un spécialiste du comics, j’en suis d’ailleurs assez loin. Mais je ne t’ai pas attendu pour me faire une petite culture bande dessinée. Si tu veux bien me faire une petite leçon sur le gekiga, je pense qu’on pourra s’entendre… Je crois qu’il faudrait qu’à notre tour nous t’expliquions 2/3 choses. La première étant que cette chronique que tu viens de commenter, n’en est pas une… C’est une synthèse de plusieurs chroniques… Comme quoi on peut rester sur la forme sans véritablement comprendre le fond. Tu dois t’écouter un peu trop parler à mon avis. Bref, si tu parcours nos différentes chroniques, je t’y invite, tu constateras que nous avons chacun à notre tour a pris la mesure d’une œuvre gigantesque… tu remarqueras d’ailleurs au vu de ton « cours », que ta monumentale culture est également passé à côté de certains aspects. Mais merci de nous le démontrer. A mon tour de commenter ton commentaire : > »…est marqué par l’avènement d’un type un peu étrange au pays des super-héros. » V pour Vendetta s’inscrit absolument pas dans le genre du super-héros. Loin de là. Et encore une fois, les comics ne se limitent pas aux supers-héros et mêmes ils existaient bien avant que ce genre n’apparaissent.<<br /> Nous sommes d’accord, encore une fois ton empressement à montrer ta culture générale t’as fait lire la chose de travers. V pour Vendetta n’est pas un super-héros, c’est d’ailleurs la grande faiblesse du film. Mais c’est l’œuvre qui lui a ouvert les portes de l’édition américaine… les états-unis étant « le pays des super-héros » > »…révolutionne la BD américaine grand public en lui prouvant qu’elle peut dépasser les super-héros et autres joyeusetés en costume ». Premièrement, V pour Vendetta a été scénarisé et dessiné par deux auteurs anglais et est paru initialement en Grande Bretagne.> Petite information : la publication anglaise n’a jamais été terminé. C’est DC qui a fini le travail. Je trouve ta remarque pertinente sur le deuxièmement. > Dépasser les joyeusetés en costumes? Vous avez déjà lu les histoires de « joyeusetés en costumes » de MOORE (Swamp Thing, Wild Cat’s…), Ellis (No Heroes, the Authority…) ou Garh ENNIS (The Boys, The Punisher, Judge DREDD…)? Ce terme est clairement péjoratif et témoigne d’une méconnaissance abyssal du médium et des auteurs.> Pour te répondre, oui, je les ai lu. Comme quoi, tu vois je n’ai pas attendu d’avoir de tes nouvelles. Et tu cites grosso-modo, allez 7/8 titres… Quand je parle de joyeusetés en costumes, je parle du mainstream dans son ensemble, pas de la dizaine d’auteur « à part » qui font des choses de très grandes qualités (tu aurais pu citer aussi Neil Gaiman, j’aime bien Neil Gaiman). Pour le reste… je ne vendrais pas un rein non plus pour me les procurer. Soyons sérieux. > »Si le graphic novel était définitivement né avec Will Eisner » Faux! Le terme « graphic novel » est apparu pour la première fois en 1986 avec la série the Dark Knight de Franck MILLER. Et aujourd’hui encore, il est impossible de définir clairement le genre (même si on sait que c’est en en voyant un…).> Frank Miller… T’es sérieux quand tu dis ça… Noooonnn !!!! Tu me donnes un cours et tu me balances une ânerie de cette taille. En 1986, ça fait déjà très longtemps que Will Eisner a posé les bases du roman graphique (Un pacte avec Dieu : 1978)… et avant lui Robert Crumb (The Yum Yum Book à la fin des années 60) aux Etats-Unis. Et 20 ans plus tôt c’est (années 50) le gekiga était né au japon. Sans même parler de Watchmen qui est également considéré comme un roman graphique. Là pour le coup je te donne une petite référence intéressante sur ce sujet : « Romans graphiques : 101 propositions de lecture » de Joseph Ghosn. Lit juste l’intro ça devrait te donner de vraies billes la prochaine fois que tu auras un élève en face de toi. Comme tu peux le voir, nous nous attaquons avec la folie des amateurs à des sujets que nous maîtrisons peut-être pas aussi bien que notre maître à tous mais nous avons le plaisir de le faire sans mépris et en écoutant les voies de notre seigneur. Je t’invite à visiter nos blogs afin que tu vois comme notre suicide n’est peut-être pas aussi programmé que tu le laisses entendre. Pour le coup, je serais ravi d’en discuter en privée si tu le souhaites. Assez peu cordialement mais avec respect tout de même David > http://www.iddbd.com

  11. Cruchot dit :

    Je savais bien que je jetais une bombe dans les « milieux intellectuels » en expliquant que le graphic novel était né avec MILLER. Oui, je peux l’affirmer sans rire et vous savez quoi : ça n’est pas de moi. Vous aurez beau me rire au nez, c’est bel et bien Franck MILLER qui avec The Dark Knight a défini les contours et les bases du roman graphique et a donné au genre son envol et ses ambitions. Reprenons très synthétiquement : En 1930 Max GAINES a le premier l’idée d’insérer des comics dans les journaux pour vanter les mérites d’un produit. 1935 sera l’année de l’ébauche de DC Comics, définitivement crée en 1944. En passant, la naissance de Superman en 1938 marque la naissance de l’âge d’Or, qui se termine vers 1950 (Age d’Argent). A ce moment la notion de surhomme laisse place à celle d’histoires policières plus sombres, plus en rapport avec ce que les USA traversent. 1954 : création du Comic Code Authority en représailles à ces histoires noires et violentes et retour sur le devant de la scène des supers-héros. La période n’est pas rose pour autant puisque les héros sont frappés par le doute et des questions existentielles. C’est le début de l’âge de Bronze, où les supers font face à leurs propres limites. En 1986 MILLER brise les codes et imagine une nouvelle manière de raconter des histoires, à base de graphismes sombres influencés par les mangas et de découpages inédits. Avec The Dark Knight, la critique commence enfin à considérer les comics sous un angle littéraire. Des dessinateurs underground suivent alors la voie ouverte par MILLER : Spiegelman (MAUS), Crumb (Les femmes, 1989), etc… Ils se lancent dans des œuvres adultes et littéraires, profondes, mêlant étroitement le texte et le dessin au service d’une critique sociale. C’est bel et bien à partir de 1986 et le Dark Knight que la critique a reconnu l’existence d’un genre nouveau dans la bd américaine et que le mot est lâché au grand jour : le graphic novel. Rétrospectivement, et à l’aune de ce que MILLER a mis en défriché, les mêmes critiques vont se rendre compte que EISNER et d’autres auteurs avaient posé les bases de ce genre sans le définir totalement (notamment avec, je vous le concède, Un pacte avec Dieu). Mais c’est bel et bien avec le choc MILLER que le roman graphique a pris son sens, son envol et sa place dans la littérature américaine. Et c’est bel à partir de là que les lecteurs comme les critiques intégreront la dualité comics (plus enfantins) / romans graphiques (plus adultes, aux réflexions sociales plus poussées). Maintenant je comprends votre position : MILLER c’est « tellement mainstream » pour des gens qui ne jurent que par l’underground. Et pourtant… Juste un conseil : la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie de rire au nez de quelqu’un qui avance une idée en contradiction avec votre élitisme suffisant, vous qui vous gargarisez à citer Eisner, Crumb et compagnie, je vous conseillerais seulement de vérifier. Par exemple en lisant 75 years of DC comics de Paul LEVITZ (qui vient de sortir chez Taschen). Sur ce, je retourne non pas sur ma montagne mais dans mon trou où au moins je n’ai pas à lire les logorrhées de personnes bouffies de prétention qui annoncent fièrement ne rien connaître aux comics mais se permettent de donner des leçons sur le sujet. PS : un dernier remerciement : votre « les Etats-Unis étant « le pays des supers-héros » n’a pas fini de me faire rire. Et c’était aussi assez énorme de rapprocher gekiga et graphic novel. Ça aussi, ça m’a beaucoup fait rire. Un tout petit peu moins cordialement, mais cordialement tout de même.

  12. Mr Pyros dit :

    D’abord merci au gendarme Cruchot de me permettre de rire un peu dès le matin! Ses logorrhées étant elles totalement pédantes, je ne me lasse pas de les lire (j’adore son humour genre BHL, même si je crois deviner qu’il est involontaire!). En tant que lecteur de BD, le débat sur le roman graphique me laisse généralement froid. En effet, j’ai toujours pensé, personnellement, sans me justifier par l’avis d’un tel, que ce terme était surtout cher à ceux qui jugeaient la BD comme une discipline mineure, et qui se retrouvent un peu cons en découvrant que dans certains cas c’est un art! « Ce n’est pas une BD, un comic, un manga, qui m’a fait ressentir des émotions, qui m’a fait réfléchir, non c’est un roman graphique! » Pour avoir eu plusieurs fois l’occasion de rentrer dans une librairie aux USA, je pense pas qu’on puisse contredire l’expression « pays des super-héros » tant ce genre est omni-présent et révélateur de la mentalité dominante (monde manichéen, notion de juste violence, bonne morale,…). Cette omniprésence est peut-être à l’origine du besoin de se décaler par le terme roman graphique…

  13. Mo' la fée dit :

    Ah oui, pas cool M’sieur Cruchot sur le coup-là. Je m’étais abstenue jusque-là d’intervenir mais David et Paul l’ayant signalé dans les réponses aux commentaires de cet article et de celui de « Transmetropolitan », je reprends : kbd n’a jamais affiché le côté expert sur ses chroniques. Y participent des lecteurs férus de BD, qui ont fait (comme toi) le choix d’en parler sur un blog. Kbd est un moyen pour nous de parler de BD ensemble et nos écrits sont des synthèses de nos avis individuels. Je ne comprends donc pas le côté sarcastique et hautain de tes interventions alors que jusqu’à présent, j’avais eu plaisir à échanger avec toi sur mon blog ou sur le tien. Mais je ne vais pas revenir sur la définition de kbd que tu connais très bien puisqu’il t’a été proposé de nous rejoindre… tu connais donc ce projet et la manière dont nous nous organisons pour le faire vivre. Je ne reviendrais pas non plus sur la notion de « graphic novel »… la théorie m’intéresse mais tout de même bien moins que la notion de plaisir qui se dégage d’une lecture. Non, je reviendrais sur le coté « puits de science » que tu étales à mon grand étonnement et sur un ton assez désagréable. Si mes souvenirs sont bons, le premier contact que nous avons eu s’est fait par le biais d’un commentaire que j’ai déposé chez toi suite à ton article sur « Mon année » de Morvan et Taniguchi. Je réagissais à ton écrit qui, dès l’introdutction, affirmait qu’il était suffisamment rare (pour le signaler) de lire du Taniguchi sur un thème qui sortait du registre « Japon féodal & samourais » (serait-il nécessaire de citer toutes les œuvres de Taniguchi qui ne se situent pas dans ce contexte historique ??? m’est avis que non tant sa production dans le registre Japon féodal / samourais est assez dérisoire au regard de la riche production de cet auteur). Bref, tu as corrigé ton erreur, certes, mais je n’ai pourtant pas fait de cette grossière erreur un procès d’intention somme toute assez peu constructif …. comme quoi, il arrive à tout le monde de faire des erreurs !

  14. Frank Miller dit :

    Euh … mon nom est Frank Miller, pas Franck MILLER :)

  15. ZorgBlog dit :

    Merci pour cette petite précision Monsieur Miller ^^ Votre Français est réellement excellent mdr J’adore…lol

  16. David dit :

    Pffff, tu me lasses Cruchot… Je ne répondrais pas car je crois qu’il est véritablement impossible de « discuter » avec toi. Après Miller est l’inventeur du roman graphique… soit Le Gekiga est à des années lumières de l’idée du roman graphique… soit. Les Etats-Unis sont le pays des schtroumpfs… soit. En fait, Thierry Groensteen se cache sous le pseudonyme de Cruchot… C’est un historien général de la BD mondiale. C’est beau l’omnipotence… Bon sang mais c’est bien sûr ! Allez Bisous Thierry

  17. David dit :

    Une remarque toutefois… désolé je peux pas m’empêcher. Tes références me semblent très orientée Mainstream tout de même… Tins-tu compte de l’évolution des années 60/70 avec le début de la BD underground (Crumb en particulier puis des gens comme Pekar qui l’ont rejoint)? Ne serais-tu pas, toi aussi, un peu obnubilé par la simple approche Mainstream ? Parce que le mainstream depuis 30 ans, a quand même pas mal absorbé les normes du GN, non ? Par rapport à Eisner, il me semble qu’il avait utilisé le terme « graphic novel » pour vendre Le pacte avec Dieu à ses éditeurs qui lui auraient refusé la publication. C’est peut-être une légende après tout, je n’en sais rien, je m’interrese juste à la BD commme ça, de loin, ce n’est pas du tout mon travail en fait… Allez Bisous Thierry

  18. David dit :

    Petite réponse à Mr Pyros (t’as un lien de parenté avec un super-héros ?) J’étais un peu comme toi à une certaine époque vis-à-vis ru roman graphique. J’ai même « affronté » plusieurs collègues bibliothécaires spécialistes BD à ce sujet (depuis on est copain, comme quoi on peut ne pas être d’accord et…). Cependant, après plusieurs lectures d’ouvrages théoriques sur le sujet, effectivement, le terme roman graphique n’est pas du tout usurpé. En fait, sous des formes diverses, il s’agit très souvent d’une « rupture » avec la production éditoriale de l’époque. En gros, c’est le passage du divertissement pur à l’oeuvre littéraire plus exigeante. A quelque chose près, le passage de la BD centrée sur le « héros » à la BD « histoire/récit » ou l’environnement et l’écriture en elle-même prend plus d’importance. Évidemment je résume, je ne vais pas faire un catalogue. En Europe, la cassure s’est produite dans les années 70/80, avec Hugo Pratt et magazines de publications comme A suivre par exemple. Cassure très vite intégrée dans l’édition classique (ce que dénonce à quelques choses près Menu dans Plates-Bandes)… La « Nouvelle BD » est le résultat de cette intégration (avec des éditeurs comme l’association ou Cornelius). En Asie, ce sont les créateurs du Gekiga dans les années 50 (avec Tatsumi notamment) qui veulent casser les codes de la BD de divertissement (le manga et TEzuka surtout) et créé une BD très radicale et réaliste sur le plan de l’histoire (moins du graphisme). Radicalité qui a été intégrée plus tard par les jeunes auteurs (je pense à Kamimura, Okazaki ou Nananan) et même par Tezuka lui-même ! En Amérique… je ne veux pas en parler, Thierry va encore me tomber dessus. Mais je pense que les grands auteurs du mainstream actuel ont intégrés les codes du roman graphique. Pour moi, les mouvements radicaux ou littéraires de la BD mondiale peuvent se rejoindre. Dans tous les cas, ces courants ont été intégrés plus tard par la BD traditionnelle. C’est pourquoi, l’approche du roman graphique peut paraître assez flou de nos jours. Mais elle existe et ce n’est pas un truc de bobo parisien qui découvrent la BD… En même temps, depuis Persepolis et la découverte par cette engeance de la BD, on s’intéresse beaucoup plus à la BD au sens large, ce qui n’est pas pour me déplaire :-) Moi, j’attends avec impatience de voir ce que le changement de format (passage au numérique) nous apportera comme nouvelle évolution créative :-) ça va Thierry, tu as bien ri ?

  19. Mr Pyros dit :

    David, Mon propos s’adressait surtout au gendarme de saint trop’, et son discours sur le sexe des anges… Savoir si un concept existe en tant que tel ou quand on le nomme, déterminer une œuvre comme marquant un style alors qu’on observe une évolution d’un art où plusieurs artistes ont contribué à créer un courant. Ce n’est pas ce que je m’attendais à lire suite à la synthèse sur V, une de mes BD préférées. Je ne nie pas l’évolution, la maturité, dans le monde de la BD, quelque soit son origine. Je préfère toutefois le terme plus francophone de BD Adulte, dans son acceptation « BD qui a atteint une maturité ». Cette préférence vient surement du fait que j’associe, à tort, le terme roman graphique aux fâcheux qui me l’ont sorti pour la première fois, et qui n’avait que du mépris pour la BD en général. De plus, ce terme me pose un autre problème,(mais j’ai pas la prétention de changer le monde et j’avoue l’utiliser parfois), qui est de définir un genre en incluant dans sa définition, (comme je l’entends), une notion de qualité supérieure aux autres productions. Intellectuellement, je ne m’y retrouve pas. Je classe mes BD par genres plus classiques (autobio, aventure,…), et par degré de plaisir qu’elles m’apportent. Voilà A bientôt pour parler plus du contenu. Mr Pyros PS: je suis le fils caché de Batman et Wonder Woman, mais chut, je suis là incognito.

  20. David dit :

    Je crois que le terme roman graphique apporte surtout une approche différente. Pour ma part, malgré ce que crois le gendarme de Saint-Tropez, je n’ai pas de hiérarchisation par rapport à tel ou tel genre. Il y a du bon dans tout… mais il y aussi des choses qui m’intéresse moins (comme les super-héros). Après, les cultureux qui t’ont faché avec le terme sont eux-même des gens qui passe leur temps à dénigrer tout ce qui leur tombe sous la main et qui, sous des couverts critiques, se plaisent à casser en ne connaissant pas grand chose. Je les connais bien, je m’en tape au boulot suffisamment souvent pour voir de qui tu parles. Pour autant, la différence est réelle et passionnante car elle apprend aussi à lire la BD autrement, en la remettant dans un courant. ça permet de la comprendre aussi un peu mieux. Personnellement, j’ai beaucoup de plaisir à lire un Peeters qu’une bonne BD de fantasy… Après, il y a de mauvais roman graphique et de mauvais albums 48cc. J’espère que nous aurons l’occasion de discuter de V pour Vendetta et d’Alan Moore et de la BD américaine dès que possible en tout cas :-) Merci pour ce commentaire sans morgue, c’est plaisant. PS : tu diras bonjour à tes parents, j’aime beaucoup ce qu’ils font ;-)

  21. Lunch dit :

    Je suis un peu de l’avis du fils caché de Batman et Wonder Woman quand même. Je trouve ça un peu dommage de s’éloigner autant du sujet (et avec une certaine véhémence parfois), plutôt que de parler de V pour Vendetta, qui est ma foi une excellente œuvre. Les précisions et argumentaires sont intéressants lorsqu’ils sont constructifs ceci dit. Alors, V pour Vendetta ?

  22. Mr Pyros dit :

    Pour V, je suis plutôt d’accord avec vos chroniques… V est la série que je sauverais des flammes en cas d’incendie chez moi, une fois mes petits loulous en sécurité. Bon faut dire que j’ai eu un mal de chien à trouver les 6 tomes au début des années 90! Et que le tome un est la BD qui m’a fait passé de Thorgal au roman graphique (oups! ;)). Qu’il m’a fallu un an pour arriver à tourner la première page tant le graphisme me reboutait, et que depuis je hurle deux fois par an que Lloyd est un génie. Que deux fois par an, mon admiration pour Moore grandie et repousse ce que je croyais être une limite absolue. Ceci dit, pour V, étant d’accord qu’on ne peut pas tout aborder, cependant, je trouve que vous n’avez pas, ou pas assez, mis le doigt sur les nombreux personnages secondaires, réelle marque de fabrique des réussites de Maitre Moore, qui donne toute la profondeur à ce récit. Et je ne parle pas d’Evey et de Flinch, que je ne considère pas comme personnages secondaires. Non, tous les autres qui permettent d’avoir accès à une palette complète(?) de réactions et d’émotions, qui magnifient et justifient la présence et l’action de V. Voilà, pour le retour de la vengeance du fils caché, un premier thème d’échanges constructif. A bientôt, (dès que ma tendre moitié me laisse accès à l’ordi…)

  23. Lunch dit :

    J’ai vraiment eu du mal avec le graphisme au départ. Et pourtant, comme tout le monde finalement, je n’ai pu que me réjouir de lire une œuvre aussi bien menée. Les personnages secondaires ont un charisme fou, et comme tu le soulignes, ils sont bien plus imbriqués dans le scénario de de simples protagonistes inexistants. D’ailleurs, et c’est là le gros point fort du scénario, tout est lié, tous les personnages ont un passé et un très lourd secret a porter. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé le personnage de Delia, qui reste sereine jusque dans les derniers instants. Elle attendait son heure venir depuis toujours pour effacer les atrocités de son passé. Ses derniers mots, en voyant le visage de V pour une dernière fois, sont pleins de tendresse et de curiosité : « C’est magnifique ». La femme de Derek a aussi un destin tragique magnifiquement dépeint.

  24. Mr Pyros dit :

    Je suis d’accord avec toi. Je trouve que Rose, notamment, est un de ces personnages clés. Son passage du statut de femme au foyer, écrasée par un mari violent, pervers, qui suite, à sa mort se retrouve confrontée à la réalité de l’extérieur. Elle qui est une des premières à faire la douloureuse expérience de la liberté, qui en deviendra « La rose » spéciale que V cultive pour le commandeur.( Au fait, une des « incohérences » que tu recherchais:a part tuer Derek, qu’a fait V? Comment la cultive t-il? Moore avait-il prévu de plus rattacher V au KKK?). Des questions qui n’apportent que des spéculations, à moins de rencontrer Moore. Moore si tu es là je voudrais aussi savoir pourquoi Vincent, le garde de la porte de la Norwest House, semble complice, ou tout du moins bienveillant, avec V, et qu’on a pas plus d’infos? V est-il si seul qu’on pourrait le croire? Devait-il s’appuyer, ou construire un réseau? C’est bête, mais ça me prend la tête à chaque lecture…

  25. Lunch dit :

    Oui, très intéressant le personnage de Rose et son « basculement ». Par contre, les « incohérences », je pense que c’est Badelel qui a utilisé ce terme sur BenDis (je suis en rouge, elle est en bleu sur notre site). Je les ai pas vraiment cherchées pour ma part, je me suis laissé guidé. Le parallèle avec la rose est intéressant là aussi. On peut en faire des parallèles d’ailleurs, et c’est plutôt révélateur de la fine complexité du scénario des auteurs : brillant et pas donné à tout le monde. Ma conclusion à moi était de me demander si V et Evey n’étaient pas qu’une seule et même personne, on a parfois cette impression en lisant la BD, lorsqu’ils se préparent au début, devant leur glace par exemple. Ils sont toujours seuls, ils vivent les mêmes peurs, V refait vivre son passé à Evey… on ne voit jamais son vrai visage. Il disparait à la fin pour mieux faire renaître son idéologie. Bon, cela soulignerait probablement quelques incohérences, mais l’idée me plaît assez (et elle se tient parfois).

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