entete moins d'un quart de seconde

– « 4 cases » dit le premier…
– « Ok » répondit le second… « Euh, non tu m’en fais 8 ! Avec 8, je t’en fais une petite centaine… »
– « Bon on arrondit à 100 et tu gagnes ton pari ! »
– « Ok, va pour 100 strips ! »

Il y a peu de chance que cette conversation ait réellement eu lieu en janvier 1991 entre les deux jeunes auteurs de la jeune Association. A cette époque, Lewis Trondheim et JC Menu ne s’invectivaient pas encore par communiqués interposés et L’Association n’était pas encore L’Association, la maison d’édition qui contribua par ses talents à donner une nouvelle image de la bande dessinée au grand public. Mais ceci est une autre histoire car ici, c’est l’OUBAPO qui nous intéresse… ou plutôt ses prémices. Car, si vous avez bien suivi ce que maître Champi vous a expliqué au début de ce mois, l’Ouvroir de Bande Dessinée Potentielle a été crée en 1992, soit un an après la parution de cet étrange album, fruit des cerveaux un peu tordue mais bigrement créateur de nos deux apprentis éditeurs. Moins d’un quart de secondes pour vivre fait donc partie de la préhistoire du mouvement. On l’a qualifié même d’oubapienne par anticipation.

L’idée est simple : 8 cases dessinées par JC Menu réutilisées par Lewis Trondheim. Ici seul le texte et l’ordre des cases peuvent être modifiés. Côté graphisme, on ne touche à rien ! Comme le souligne Champi, c’est en gros l’explication de l’itération iconique, l’un des grands principes de l’OUBAPO. Répéter le même dessin pour montrer tout le potentiel narratif de la bande dessinée. Et quel potentiel quand le sorcier du dialogue qu’est Trondheim se met aux manettes de ce projet farfelu ! Il réussit le tour de force de produire 100 strips de 4 cases soit 400 utilisations différentes (oui, je suis une brute en math). Mais plus fort encore, il réussi l’exploit de produire une œuvre cohérente, sachant ménager ses effets par d’impressionnants silences, jouant avec les cases tout en offrant des dialogues à la fois drôle et profond, quasi métaphysique comme le souligne Mo’. Finalement, la limitation graphique, exploitée par Trondheim, devient rapidement la force de cet album.

Indubitablement, nous sommes à la fois surpris et conquis par l’originalité de Moins d’un quart de seconde pour vivre. Mo’ y voit une bonne entrée en matière pour découvrir l’OUBAPO, Champi souligne le fait que cet album démontre tout le potentiel de l’art séquentiel, quant à moi, j’insiste sur l’importance de cette œuvre dans l’histoire de la bande dessinée contemporaine (rien que ça).

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  1. mango dit :

    Une BD si originale et si importante dans l’histoire du mouvement en question,je dois donc en prendre connaissance.

  2. Mo' dit :

    cet album devrait te plaire Mango, peut être pas sur la forme mais je pense que le fond -et la réflexion qu’il impulse- devrait trouver un bon écho auprès de la lectrice que tu es

  3. Joelle dit :

    Encore une fois, un album non présent à la biblio malgré le fait que son auteur soit hyper connu ! Par contre, j’ai vu que l’Ecole Supérieure d’Arts du coin avait 3 livres sur l’OuBaPo donc j’irai peut-être les feuilleter (à défaut d’autre chose !)

  4. […] L’Association Maison Close (Collectif), 2010, Delcourt Mister O (Lewis Trondheim), 2002, Delcourt Moins d’un quart de seconde pour vivre (Lewis Trondheim & Jean-Christophe Menu), 1991, L’Association Pervenche et Victor (Etienne […]

  5. […] également l’avis à plusieurs mains sur le nouveau blog de K.BD […]

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