entete yamada

« Autrement », c’est un terme qui est très vaste, puisqu’il concerne tout ce qui ne rentre pas dans une catégorie définie. Du coup on peut y rassembler des genres très très différents, et c’est justement un manga très différent de ses deux prédécesseurs que nous vous présentons cette fois.

Mes Voisins les Yamada est un manga humoristique appartenant à un genre très peu connu en France : le Yonkoma, à savoir des strips en 4 cases. Ce n’est pas un genre très nouveau, il est très répandu en BD franco-belge ou Outre-Atlantique. Au Japon, on le rencontre principalement dans la presse. D’ailleurs Mes Voisins les Yamada a été édité originellement dans le quotidien Asahi Shimbun. Les studios Ghibli en ont ensuite fait une adaptation en animé en 1999 et nous devons l’édition en recueil en France à la collection Shampooing des éditions Delcourt dirigée par Lewis Trondheim, une collection qui a révélé quelques petites merveilles. Nico souligne d’ailleurs la qualité de cette édition française et l’effort fait par Delcourt.

Les Yamada sont une famille très ordinaire. Le père Takashi est cadre, il est nul en bricolage et perd tous ses parapluies. La mère Matsuko est mère au foyer. Ses principales occupations : trouver un menu pour le prochain repas et faire des économies. Le fils Noboru est tellement nul à l’école, que ses camarades de classe ont créé une échelle « sous-Noboru ». La fille Nonoko est aussi innocente que maligne. La grand-mère Shige est acariâtre et rappelle sans arrêt qu’elle a acheté le terrain. Et enfin l’étrange chien Pochi. Au sein de la récession des années 90, on suit leur quotidien au rythme de l’année scolaire et des rendez-vous sportifs ou politiques.

L’auteur, Hisaichi Ishii, est un inconditionnel des Yonkoma qu’il a remis au goût du jour dans les années 70-80 après ses études de sociologie. Avec cette série, il se tourne vers une critique plus acerbe de la société, après avoir décliné ces mêmes personnages dans une série véritablement humoristique, Ojamanga Yamada-kun, plus axée sur les caractères et les bêtises des personnages.

Cet aspect plus social ne nous a pas empêché d’aimer ces personnages drôles, au caractère bien trempé, attachants et réalistes. Lunch et moi-même nous sommes retrouvés dans leur quotidien. Quant à l’humour, Nico l’a jugé caustique et Champi s’est retrouvé dans ses bons jeux de mots. Mr. Zombi, de son côté, s’il a souri par moments, a été déçu dans l’ensemble.

Typique du quotidien nippon, les références culturelles et particularités langagières se multiplient tout au long des 640 strips de ce premier tome (les aventures des Yamada ont été éditées en 3 tomes en France). Les nombreuses notes de bas de page permettent au lectorat français de comprendre toutes ces subtilités. Si je me suis inquiétée qu’elles puissent être trop lourdes pour certains, Nico a eu plaisir à comprendre ces finesses et Champi a apprécié l’effort de clarté. Quant à Mr. Zombi, il a jugé ce manga très instructif, précisément car il n’a pas été pensé pour l’exportation.

En adéquation avec l’esprit humoristique de cette bande dessinée, le dessin est très simple et la mise en page est très classique, sans les débordements et les onomatopées représentatifs des mangas. Lunch a cependant été perturbé par le sens de lecture de haut en bas (et non de droite à gauche).

Ce premier tome se clôture sur les aventures des Kikuchi, une famille voisine des Yamada ainsi qu’un plan du quartier. Cependant, ces bonus ont globalement déçu. Les aventures des Kikuchi et la structure familiale sont très similaires à celles des Yamada. Ces quelques strips apportent donc peu de choses selon Lunch. Quant au plan du quartier, Mr. Zombi et moi-même aurions apprécié de le trouver au début du livre et non à la fin.
Globalement, nous avons tous aimé cette lecture. Lunch a trouvé ces histoires rigolotes et abordées avec brio par l’auteur. Nico n’a pas eu le temps de s’ennuyer, il s’est attaché aux personnages. Champi estime cette œuvre internationale même s’il ne l’a pas trouvée du même niveau que Peanuts ou Mafalda. Mr. Zombi, de son côté, ne s’est pas retrouvé dans l’humour de Hisaichi Ishii. Quant à moi j’ai beaucoup ri.
Tous nous avons apprécié la découverte de la culture nippone et ce voyage au Japon de tous les jours.

avatar-badelel-couleur-transp

Publicités

"

  1. jerome dit :

    Un pavé dont je n’ai jamais vu le bout. Abandonné en cours de lecture. Je ne suis jamais rentré dans l’univers des Yamada.

  2. Lunch dit :

    Je pense que ça peut se lire (et peut-être que ça se lit plus facilement ainsi même) en plusieurs fois. Mais encore faut-il sourire à l’exercice proposé.

  3. Joelle dit :

    Les 3 tomes sont dans ma PAL car j’étais attirée par l’aspect vie quotidienne typiquement japonaise ! Avec vos avis positifs dans l’ensemble, je m’en vais ressortir ces tomes de la pile :)

  4. Badelel dit :

    Jérôme, peut-être as-tu les mêmes difficultés que Mr. Zombi concernant l’humour ? Pour ma part, je le trouve subtil. Peut-être fait-il trop référence à la culture japonaise pour vous ?

  5. […] série débutée en 2006, Imho Ki-Itchi !! (Hideki Arai), série débutée en 2003, Delcourt Mes Voisins les Yamada (Ishii Hisaichi), série en 3 tomes publiés en 2009, Delcourt L’Orchestre des doigts (Osamu […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s