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Chaque Chose est le récit d’un petit garçon qui est ravi de partir en tournée promotionnelle avec son papa magicien durant les vacances d’été. C’est également l’histoire d’un jeune père de famille qui prend le train pour se rendre au chevet de son père hospitalisé. Mais, c’est surtout un voyage autobiographique (mâtiné d’un peu de fiction) qui, tout comme Le fils de son père, s’inscrit à merveille dans le thème du mois de novembre de K.BD : la filiation !

Au milieu des nombreuses perles que compte cette collection « Bayou » des éditions Gallimard (Aya de Yopougon, Les derniers jours d’Ellis Cutting, Dimitri Bogrov, Le local, RG), Julien Neel livre donc un album dédié à son père et centré sur la relation père/fils.

Proposant une sorte de road-movie qui se concentre sur ces petits riens qui ont toute leur importance et qui vous forgent pour la vie, Chaque Chose porte bien son titre. D’une approche plus introspective que Lou !, cette histoire aborde ces petites choses de la vie sur lesquelles il est parfois bon de s’attarder. Dans ce livre, Julien Neel se livre avec pudeur et dépeint avec maestria la complexité des relations père/fils. En revenant sur ses souvenirs d’enfance et sur les liens qu’il a tissé avec son propre père, il offre une parenthèse assez personnelle et un hommage vibrant à son paternel. Exploitant à merveille les silences, l’auteur parvient à imprégner les non-dits de cette affection qu’il est tellement difficile d’exprimer vis-à-vis de son géniteur. Malgré un sujet assez sensible, l’histoire est traitée avec une certaine légèreté et ne sombre jamais dans le dramatique ou le pathos. L’auteur aborde la relation père/fils avec beaucoup de tendresse et de façon profondément humaine, parsemant son récit de tendresse et d’un humour subtil.

La construction, basée sur des allers-retours entre deux histoires qui semblent initialement distinctes, permet d’alterner le passé et le présent avec originalité, tout en montrant à quel point l’expérience actuelle replonge l’auteur/narrateur dans ses souvenirs. Ce procédé narratif permet au quotidien et aux souvenirs de s’entremêler de manière fluide et de se faire brillamment écho au fil des transitions.

S’adressant à un public plus adulte que Lou !, ce one-shot arbore des couleurs moins flash. Partant de deux ambiances graphiques distinctes qui se répondent à merveille, l’auteur va progressivement fusionner les deux atmosphères et installer un nouveau panel de couleurs. Le style de l’auteur conserve néanmoins un côté naïf, innocent et attractif, mais le trait plus fouillé, les arrière-plans plus ombrageux et les tons plus neutres ajoutent une certaine gravité à l’ensemble. Le résultat est donc plus brut, plus sombre, mais les personnages (en particulier le costume de nounours) permettent de conserver une certaine légèreté tout au long de l’album.

Pour une fois tous les avis des lecteurs K.BD vont dans le même sens. Si Badelel à été totalement conquise par cette histoire simple, intime et émouvante, c’est également mon cas. Lunch a été littéralement transporté aux côtés de l’auteur et il ressort totalement ravi de cette lecture agréable, tantôt triste ou tournée à la dérision, qui parvient à faire sourire malgré le contexte délicat. David parle d’une petite merveille de construction narrative et d’un album presque parfait qu’il rêve d’offrir à son père en guise de remerciement. Mr. Zombi s’est carrément pris une grosse claque et, n’étant même plus capable de parler de l’album, profite de l’occasion pour remercier ses parents d’avoir fait de lui un type bien (NDLR : on confirme ! ). Et que dire de Mo’ qui est probablement encore au septième ciel après 150 pages de pur plaisir ? Quant à Champi… Chaaaaaammmmpppiiiiiiiii ??? … ah ben non, il a piscine le dimanche !

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  1. Belzaran dit :

    J’ai beaucoup apprécié cette lecture aussi.

  2. Joelle dit :

    C’est un album qui m’avait beaucoup touchée aussi mais j’avais parfois eu un peu de mal avec les couleurs sombres (ce doit être la vieillesse qui parle là … franchement, ce sont les yeux qui cafouillent en premier … mdr !)

  3. faelys dit :

    quel bonheur que cette BD touchante aux effets sépias! et enchainer ensuite sur « le Viandier de Polpette » pour prolonger le plaisir…

  4. […] Le Chant du pluvier (Amandine Laprun & Béhé & Erwann Surcouff), 2009, Delcourt Chaque chose (Julien Neel), 2006, Gallimard Le Combat ordinaire (Manu Larcenet), série en 4 tomes publiés […]

  5. […] d’enfance et l’autobiographie avec Le fils de son père d’Olivier Mariotti et Chaque chose de Julien Neel. L’héritage et le poids de la figure paternelle avec Wanted le Comics […]

  6. […] également l’avis sur K.BD […]

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