entete Calvin

Nous continuons notre exploration de la BD en strip, et s’il y a bien une série qui représente ce courant de la bande dessinée, c’est la série créée par Bill Watterson. Calvin et Hobbes est le digne héritier des Peanuts de Charles M. Schulz ou encore de Mafalda créée par Quino.

Pendant dix ans, de 1985 à 1995, Bill Watterson va raconter la vie quotidienne de Calvin, un petit garçon de six ans à l’imagination débordante et de son tigre en peluche, le sarcastique Hobbes. Dix ans de dur labeur pour Watterson qui va suivre le rythme de publication incroyable d’une planche par jour (en couleur pour l’édition du dimanche). C’est la 3160ème planche, parue dans le Washington post, qui mettra fin aux aventures de Calvin et Hobbes, Watterson pensant qu’il était grand temps pour lui de s’arrêter là. Mais il faut avouer que la mission est plus que remplie pour Mr Watterson avec trois récompenses aux Eisner Awards, un Alph-art du meilleur album étranger en 1992 et la satisfaction d’avoir laissé son empreinte dans l’histoire de la BD.

Cette série doit son succès, avant tout, aux caractères de ses deux personnages principaux. Calvin est un petit garçon égocentrique, misanthrope, hyperactif, impulsif, infatigable, inconscient du danger, incapable de se concentrer ou d’obéir, les mots me manquent pour décrire son tempérament tant il est complexe. Hobbes, lui, représente en quelque sorte la conscience de Calvin, bien qu’il ne soit pas toujours de bons conseils. Il s’amuse régulièrement à mettre son complice dans des situations délicates ou à utiliser le caractère fougueux de Calvin à son avantage, surtout s’il est question de sandwichs au thon.
Et là je vous entends marmonner,  « mais je comprends rien, Hobbes est une peluche ! non ? »… Et bien, Watterson a encore une fois fait preuve de génie en laissant planer une ambiguïté autour de ce personnage. Hobbes est certes une peluche mais il prend vie chaque fois que Calvin est seul avec lui, ce qui donne lieu à des situations particulièrement cocasses.

Si Calvin exprime tout au long de la série sa vision du monde souvent déconcertante en faisant preuve d’un cynisme et d’une maturité que beaucoup d’adultes n’ont pas, il reste néanmoins un petit garçon de six ans. Et comme beaucoup d’enfants de son âge, l’imaginaire de Calvin est sans limite. Il s’est inventé une multitude de personnages. Il mélange régulièrement fiction et réalité, et se crée ainsi des histoires, souvent délirantes dans lesquelles Bill Watterson n’hésite pas à glisser ça et là quelques références sur la culture américaine. Le fait qu’il soit fils unique peut expliquer ce besoin de se créer un ami imaginaire et un monde autour de soi. C’est le cas lorsque notre chère tête blonde s’imagine être un effroyable T-Rex (le Calvinosaure), l’audacieux spationaute Spiff qui parcourt la galaxie, ou encore Hyperman.

Cependant l’univers de Calvin et Hobbes ne serait pas aussi riche si Bill Watterson n’avait pas créé quelques personnages autour de nos deux protagonistes. Outre les courageux parents de Calvin, qui subissent les extravagances de leur fils au quotidien, il y a Madame Wormwood la maîtresse d’école, Rosalyne la baby-sitter, ennemie jurée de Calvin, et il y a surtout Susie. Elle est le souffre douleur de Calvin qui s’amuse le plus souvent à lui lancer des boules de neige ou des bombes à eau en pleine tête, et pour cela il use de tous les stratagèmes possible. Il faut dire que Calvin est un véritable artiste lorsqu’il s’agit de faire de mauvaises blagues. Artiste il l’est également lorsqu’il s’adonne à l’un de ses passe-temps favoris, la fabrication de bonhommes de neige, et il serait même plus logique de parler de fresques mettant en scène des bonhommes de neige tant ses créations sont géniales.

D’ailleurs puisque nous parlons de neige, il est important de signaler que l’hiver est omniprésent dans la série, et il n’y a que très peu de strips qui se déroule en dehors de cette saison. En même temps, rien d’anormal puisque l’hiver est la saison préféré de Calvin. En effet, rien de tel qu’un bon chocolat chaud avec des marshmallows au coin du feu après une bataille de boules de neige ou une descente infernale en luge avec Hobbes.
Du coup le dessin noir et blanc de Bill Watterson est excellent et colle bien à l’ambiance hivernale de la plupart des albums, même si celui-ci nous gratifie parfois de belles planches en couleur.  Champi souligne aussi que la force du trait de Bill Watterson tient dans cette simplicité qui permet pourtant de donner une très large gamme d’expressions  à ses personnages.

Bill Watterson à utilisé régulièrement sa série pour construire une critique sociale et politique de l’Amérique, mais il a surtout su raconter une belle histoire d’amitié.

Cette série fait-elle l’unanimité sur K.BD ? Eh bien non ! Si pour Champi, Mo’ et moi même, Calvin et Hobbes est une série incontournable, pour Mr Zombi l’expérience n’a pas été aussi concluante qu’il ne le pensait au départ, regrettant de ne pas avoir ri autant qu’il ne l’imaginait, mais reconnaissant toutefois que la série possède de grandes qualités. Mais s i vous faites partie des lecteurs qui ont aimé la série de Bill Watterson je vous conseille Cul de sac de  Richard Thompson (2 tomes chez Delcourt).

avatar Nico couleur transp

Publicités

"

  1. Belzaran dit :

    Une excellente série !

  2. Joelle dit :

    C’est une série que j’aime vraiment beaucoup : la relation entre Calvin et Hobbes est vraiment mignonne mais ce qui me plait le plus, c’est l’imagination cynique de Calvin et la mise en scène des bonhommes de neige ;)

  3. Loïc dit :

    Calvin & Hobbes : LA MEILLEURE BD DU MONDE !!!! :)

  4. Sara dit :

    Forcément culte !

  5. […] Calvin et Hobbes (Bill Watterson), série débutée en 1991, Hors collection Comme un lundi (James), 2006, 6 Pieds sous terre De Gaulle à la plage (Jean-Yves Ferri), 2007, Dargaud Fond du bocal, Le (Nicolas Poupon), série en 6 tomes, 2001 à 2007, Le cycliste Football football (Guillaume Bouzard), 2 tomes parus en 2007 et 2010, Dargaud Garfield (Jim Davis), série débutée en 1984, Dargaud Hägar Dünor (Dik Browne), série en 8 tomes, 1980 à 1988, Editions du Fromage/Greantori/Dargaud/J’ai Lu Happy Sex (Zep), 2009, Delcourt Lou ! (Julien Neel), série débutée en 2004, Glénat Macanudo (Liniers), série débutée en 2008, Les Editions de la pastèque Madame et Eve (Harry Dugmore / Rico Schacherl), série en 6 tomes, 1997 à 2000, Vents d’Ouest Mafalda (Quino), série en 12 tomes, 1972 à 1989, Glénat Mamette (Nob), série débutée en 2006, Glénat Mamette, Les souvenirs de (Nob), série débutée en 2009, Glénat Michel Swing, Les aventures de (Pascal Jousselin / Brüno), 2006, [treize étrange] Miya, Le (Boulet), 2005, Glénat Nelson (Christophe Bretschy), série débutée en 2004, Dupuis Nostalgie de Dieu, La (Marc Dubuisson), 2 tomes, 2009, Diantre ! Pays des trois sourires, Le (Lewis Trondheim), 1997, L’Association Peanuts (Charles Schulz), série débutée en 1965, Dupuis Petit Pierrot (Alberto Varanda), série débutée en 2010, Soleil Pico Bogue (Dominique Roques / Alexis Dormal), série débutée en 2008, Dargaud Raghnarok (Boulet), série débutée en 2001, Glénat Retour à la terre, Le (Jean-Yves Ferri / Manu Larcenet), série débutée en 2002, Dargaud Sans Emploi T1 (Jibé), 2010, Marabulles Shä & Salomé (Loïc Clément / Anne Montel), 2011, JC Gawsewitch Simon’s cat (Simon Tofield), série débutée en 2009, Fleuve Noir […]

  6. […] superbes fresques de la vie quotidienne, cinglantes de réparties. Dans la lignée de Mafalda ou de Calvin & Hobbes, que le dessinateur Alexis Dormal cite comme influences, Pico Bogue se révèle être un comic […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s