entete alice

Alice, sa blonde chevelure, sa petite robe bleue à tablier blanc, son nœud dans les cheveux et ses souliers vernis… Inutile de faire les présentations ?

Mais ici, point de lapin blanc ni de reine de cœur. Du haut de sa branche esseulée, Alice est entourée d’arbres, de beaucoup d’arbres, et de singes de toutes espèces. C’est que la demoiselle est présentement en pleine jungle africaine, et si vous vous demandez pourquoi, éh bien elle aussi. C’est-à-dire qu’en prime, elle a un tout petit peu perdu la mémoire. Mais s’il y a une chose dont elle est sûre, c’est qu’elle ne se prénomme nullement Tarzan, ainsi que les primates velus qui l’entourent s’échinent à l’appeler.

En compagnie de Eddy, mandrill sans peur et sans reproche équipé d’un gun à bois, et poursuivie par un tigre irrité du retour de Tarzan (son prédécesseur au titre de seigneur de la jungle), la voilà qui évolue à travers la jungle pour retrouver le chemin du pays des merveilles.

Au scénario de cette bande dessinée, voici Tébo, déjà célèbre pour son Captain Biceps (avec Zep) et son Samson et Néon. Au dessin, on ne vous présente plus Nicolas Keramidas, précédemment auteur chez Soleil de Luuna (avec Didier Crisse), Tykko des Sables (avec Christophe Arleston) ou encore du plus discret et plus personnel 1 an – 365 dessins. Et à la couleur, son compère le non moins fameux Nob (Mamette, Les souvenirs de Mamette, Mon ami Grompf), accompagné d’une mystérieuse Laurence. Belle brochette n’est-ce pas ? Et une brochette qui tient ses promesses, puisque chez K.BD, nous sommes unanimes !

Pour tout dire, Alice au pays des singes est drôle. Très drôle. Absurde, tordant, déchainé, loufoque, déjanté… Bref, drôle.
La richesse des dialogues et l’osmose entre scénario, découpage et illustrations ne sont pas le moindre atout de ce titre. Au rythme soutenu des péripéties qui égrènent les pages de l’album, les auteurs font défiler une galerie de personnages que Nico et Choco qualifient de « savoureuse ». Alice est niaise, naïve et colérique mais pourtant remarquablement maîtresse d’elle-même. Son compagnon le mandrill est aventureux et sûr de lui. Et leurs rencontres ne sont pas sans charme : le sage singe et ses prédictions, Sir Lipton Yellow, cadavre fort charmant au demeurant, le tigre de plus en plus ridicule au fil de ses mésaventures, Ella la plante carnivore qui prend sa liberté…
Alors oui, c’est une BD jeunesse à la base. MAIS… elle s’adresse en fait à tous les publics, et nous vous invitons à la découvrir, quel que soit votre âge !

Sur un plan plus visuel, le découpage n’a laissé personne indifférent. Un terrain de jeu, de toute évidence, où les auteurs jouent avec audace, intelligence et inventivité, tant et si bien que certains nourrissent la comparaison avec les œuvres d’Andreas ou Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret. Le dessin qui l’accompagne en a séduit plus d’un. Tout en rondeur et expressif pour les personnages, les décors luxuriants sont quant à eux très soignés, ce qui n’est pas sans rappeler les techniques utilisées dans le dessin animé pour faire ressortir les protagonistes. Et justement, ces aventures amènent quelques références cinématographiques. S’il évoque Indiana Jones chez David Fournol, Choco y a vu un curieux mélange entre Alice au Pays des Merveilles et du Livre de la Jungle. Ce que Lunch soutient également puisqu’il y retrouve les univers Disney tournés à la dérision. Bref, Alice au pays des singes montre un univers luxuriant aux couleurs vives.

Nos avis :
Zaelle : « Rigoler et en prendre plein les mirettes, que demander de mieux ? »
David Fournol : « C’est drôle, c’est fantastique, c’est génial »
Nico : « Cet Alice aux pays des singes est un excellent album de bandes dessinées. J’ai pris pas mal de plaisir durant la lecture »
Lunch : « Un scénario surprenant accompagné d’un découpage audacieux, d’un dessin dynamique et de couleurs pleines de vie »
Choco : « Entre malentendus et péripéties humoristiques, la petite Alice en voit de toutes les couleurs ! »
Badelel : « Une très bonne lecture ! »

Certaines sources nous informent qu’il s’agirait d’un tome 1. Mais point d’inquiétude, si on ne nous l’avait pas dit, on ne s’en serait pas rendu compte. Donc si vous aimez les one-shots, Alice au pays des singes reste une excellente référence.

avatar-badelel-couleur-transp

Publicités

"

  1. Tebo dit :

    Bonjour, je suis fred tebo… Un petit mail rapide juste pour vous remercier de votre super gentille critique!!! Et aussi pour ajouter que l’histoire sera en trois tomes, mais qu’à la base ça devait être un one shot, j’ai écrit le tome 2 avant que le tome 1 sorte… Voilà et encore merci. Et bonne année!

  2. Badelel dit :

    Merci pour votre passage ET pour votre commentaire ! Puisqu’on vous a sous la main, peut-être pourriez-vous éclairer notre lanterne quant à l’identité de la mystérieuse Laurence ? (je suis une vile curieuse)

  3. Tebo dit :

    Haha! Laurence est la femme de nob, elle lui donne parfois des coups de main pour la mise en couleur de certains albums. Généralement, quand ils bossent ensembl, ils signent Laurence et Bruno chevrier(pour titeuf par exemple).

  4. Badelel dit :

    Merci pour cet éclaircissement, je me coucherai moins bête ce soir !

  5. […] car il s’amuse aussi à coloriser les albums des autres, comme les derniers Titeuf ou encore Alice au Pays des Singes. Ses propres grands-parents et ses souvenirs d’enfance lui ont inspiré les principaux […]

  6. […] 03/2010, Des bulles dans l’océan. Akissi (ABOUET / SAPIN / OUBRERIE), 06/2010, Gallimard. Alice au pays des singes (TEBO / KERAMIDAS), 05/2012, Glénat. Atar Gull (NURY / BRÜNO), 10/2011, Dargaud. Aya de Yopougon […]

  7. […] Je ne suis pas certaine. Pourtant, découvrir une nouvelle adaptation de ce classique de la littérature est toujours intéressant ; chaque auteur apporte sa touche, son regard et les détails qui fourmillent dans les illustrations permettent au lecteur de s’approprier de nouveau l’univers, d’enrichir la perception en s’immergeant dans le travail d’un auteur. Ce dernier propose sa perception de l’univers et, par le biais de son travail de création, raconte « à sa manière » une histoire inédite qui nous est pourtant familière. Changer son regard sur une œuvre, explorer de nouveaux possibles, les adaptations d’Alice au Pays des Merveilles sont nombreuses telle celle de Tim Burton à l’écran ou, plus récemment, celle qui a été réalisée par François Amoretti (Editions Soleil), sans compter les innombrables variations (Alice au pays des singes)… […]

  8. […] Dad, il est aussi coloriste sur de très nombreuses séries sous le nom de Nob ou de Bruno Garcia (Alice au Pays des Singes, Luuna, Sorcelleries, Silas Corey pour ne donner que quelques titres). C’est toutefois la […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s