empiredelatome

Champi : « Souvenirs de l’Empire de l’Atome, très attendu, est une réussite visuelle et scénaristique. »
David F. : « Souvenirs de l’empire de l’atome est un petit bijou, d’intelligence au suspens qui tient en haleine jusqu’à la fin. »
Lunch : « C’est pour moi un véritable coup de cœur (j’en ferais volontiers l’un des favoris pour le Grand Prix de la Critique). »
Legof : « Autant l’atmosphère sixties est superbement retranscrite jusque dans le style du dessin, autant l’album semble se limiter à cela. »
Mo’ : « J’imagine que les surprises que nous réserve l’intrigue ne peuvent que se bonifier avec le temps. »
Nico : « Un récit envoutant servi par un dessin à couper le souffle. »
Oliv : « C’est sans doute par le dessin épuré d’Alexandre Clérisse que cet ouvrage prend toute sa mesure. »
Paka : « Un magnifique livre d’un autre temps qui vous fera voyager autant qu’un p’tit tour de DeLorean s’élançant à 88 miles à l’heure ! »
Yvan : « Une belle réussite ! »

Les Souvenirs de l’Empire de l’Atome est une œuvre du scénariste Thierry Smolderen (Ghost Money, Gipsy, McCay) et du dessinateur Alexandre Clérisse (Trompe la mort, Jazz Club).

Il est nécessaire de prendre le temps de résumer cette histoire tant elle est touffue et riche.

Nous sommes dans le Shanghaï des années 20. Paul, une douzaine d’années au compteur, a un secret qui fait de lui un enfant pas tout à fait comme les autres… Il ne s’agit pas du pouvoir de fabriquer des carambars à la demande (et d’en rédiger les blagues) mais Paul a le pouvoir de communiquer de manière télépathique avec le seigneur Zart Arn qui vit des milliers d’années dans le futur, rien de moins ! Il y a des enfants qui se sont retrouvés ostracisés par leurs petits camarades de classe pour moins que cela. Toutefois, ledit Zart Arn a contacté Paul afin qu’ils travaillent ensemble sur l’histoire commune de leurs mondes et de leurs civilisations.

Toute sa vie durant, Paul va entrer en contact avec cet être interstellaire qui deviendra son meilleur ami. Pendant que Zart Arn lui fera découvrir des mondes inimaginables, une science en avance de plusieurs générations, Paul essayera de décrypter la complexité de son monde et de son époque pour pouvoir donner de nouvelles pistes de réflexion à son lointain ami.

Sous la « pression » de son entourage, Paul va consulter un psychanalyste qui va se prendre au jeu. Paul est tellement précis dans ses dires, tellement affirmatif et logique, il possède tant de réponses imparables sur tout ce que lui demande son docteur que ce dernier va écrire un article sur cet étrange cas d’école qu’est Paul. Cet article va attirer l’attention d’un énigmatique et richissime homme d’affaires, Gibbons Zelbub, qui comprend vite le potentiel qu’il y a à pouvoir communiquer avec le futur. Celui-ci va emmener Paul, direction le laboratoire du Vermont pour un brainstorming de toute beauté ! L’heure est venue d’approfondir Les Souvenirs de l’Empire de l’Atome et, ainsi, délivrer les secrets scientifiques du futur mais aussi mettre en péril une amitié intersidérale.

Il est à noter qu’un livre de la vraie vie (pas la 2.0 de Facebook et Twitter) est à la base de cet album comme le mentionne Lunch. Il s’agit du Divan à Réaction, qui reprend justement les notes d’un psychiatre pendant ses séances avec un client… pardon, un patient qui avait, dit-il, des liaisons avec un monde futur et lointain (pas celui dans lequel Steve Jobs et Michaël Jackson ont rejoint Elvis Presley bien entendu).

L’ambiance graphique a (presque) conquis l’ensemble des chroniqueurs. Pour Oliv et moi-même, c’est d’ailleurs dans le dessin que cet album prend toute sa dimension « C’est sans doute par le dessin épuré d’Alexandre Clérisse que cet ouvrage prend toute sa mesure. […]. Les couleurs sont réjouissantes, élégantes, surprenantes. Un bel équilibre ! » (Oliv).

L’auteur a su magistralement recréer l’atmosphère, principalement des années 50, pendant laquelle se passe la majorité de l’histoire. Pour David F., les références stylistiques aux années 50 sont nombreuses « Le dessin d’Alexandre Clérisse est d’une beauté extraordinaire. Des jouets d’enfants, aux voitures futuristes, des immeubles aux vaisseaux dans l’espace, […] aux affiches de cinéma ou encore à l’architecture si particulière de cette époque. » Il suffit de reluquer les détails et la cohérence du mobilier présenté dans l’ouvrage. A n’en a pas douter, on est plongé dans l’ambiance du Spirou de Franquin comme le mentionnent Mo’ et Paka. Même l’Atomium y est. Vive la frite nationale !

Alexandre Clérisse use de techniques très particulières et peu vues dans la bande dessinée pour créer son univers graphique. Les formes géométriques sont très marquées, tels des découpages dans des feuilles de papier d’une seule couleur. Pour Champi, « formes et couleurs explosent à chaque page, nourries par une époque riche en expérimentations ». De même, Paka plussoie en mentionnant que « le dessinateur use d’un imaginaire et d’un imagier fabuleusement géométriques, et psychédéliquement colorés qui inspiraient les fringues, le mobilier, et l’architecture de cette époque ». Nico fait également partie de ces convertis au dessin de Clérisse, en référence à un autre illustre illustrateur représentatif du style « atome » (style représentatif de l’Expo 58, mais également d’une esthétique moderniste voire futuriste comme par exemple les Turbotraction) : Yves Chaland. Yvan y va également de son couplet car il estime que « L’autre point fort est indéniablement le graphisme d’Alexandre Clérisse ».

Toutefois, parmi tous ces aficionados, Mo’ est la seule à avouer ne pas trop apprécier le style même si elle reconnaît qu’il y a quelque chose dans la particularité du graphisme de l’auteur. « Le style de dessin retranscrit à merveille l’atmosphère des années 1950 » et il s’agit d’« un graphisme très racé auquel [elle] n’a malheureusement pas accroché ».

Moult chroniqueurs notent également très justement qu’au niveau graphique un gros effort a été apporté à la réalisation de la couverture. « On est forcés de se rapprocher pour en capter toute son essence, la toucher pour sentir sa texture de grains fins, ses incrustations de vernis sélectif doré. » (Lunch).

Quant au scénario, pour Lunch, l’album « est un récit complet, riche et hautement hallucinogène, doux mélange entre science-fiction et réalité ». De même, Nico « pense que cet album contient le parfait et subtil mélange entre espionnage, science-fiction, space opéra, tout cela articulé autour d’une belle histoire d’amitié entre deux personnages ». Pour David F., il s’agit même d’« un des meilleurs albums de l’année tant par son scénario, totalement exceptionnel, que par ses fantastiques dessins ».

Il est vrai qu’au-delà de l’intense relation d’amitié entre Paul et Zart Arn, les auteurs ont su réaliser un scénario riche en rebondissements telles les meilleures histoires de science-fiction et d’espionnage de la guerre froide, James Bond pouvant aller se rhabiller avec ses cheveux gominés et ses gadgets à deux balles. Les auteurs ont subtilement retranscrit l’ambiance de tension politique entre les deux blocs et les préoccupations de communication qui annoncent les prémices de la publicité et du marketing. Ainsi, pour Champi, « [Le scénariste] se penche sur les années 50 avec la minutie d’un scientifique cherchant à en extraire la substantifique moelle, et jouant de fait avec les grandes obsessions d’alors : la Guerre Froide, la peur des extra-terrestres et l’avènement de la publicité, du design, et de la société de consommation telle que nous la consommons aujourd’hui ».

Un élément important de la structure narrative relevé par la majorité des chroniqueurs concerne les flashbacks très présents dans cet ouvrage entre le Shangaï de 1926, le Bruxelles de 1958 et la planète Ninjir en 110985. Les allers-retours dans l’ouvrage sont légion mais nullement handicapants selon les chroniqueurs. Au contraire. Pour David F. par exemple, il s’agit d’« Un génial imbroglio qui joue en permanence sur la réalité et l’imagination en perdant le lecteur dans des allers et retours dans le présent, le passé et le futur ». De même, pour Yvan, « Ce va-et-vient incessant peut initialement perturber le lecteur, mais sans jamais le perdre ».

A noter que l’histoire, et plus particulièrement sa fin, pousse David F. et moi-même à se demander si la relation avec Zart Arn est rêvée ou réelle. Ce qui ne serait qu’un ultime contre-pied des auteurs dans cette histoire, mais nous vous laisserons juges.

Tout le monde n’a pas été convaincu par l’histoire. Mo’ trouve que « Le scénario d’une grande richesse est trop foisonnant » mais elle note que « l’intrigue [l]’a captivée ». De plus, Mo’ s’est « attachée au personnage principal pourtant, [elle] n’[a] pas l’impression de l’avoir investi. [Mo’ a] aimé la perception qu’il a des choses, l’analyse qu’il fait des événements auxquels il est associé de gré ou de force mais [elle] n’a ressenti aucune empathie pour sa détresse ». Pour ma part, je dois avouer ne pas avoir été captivé par l’intrigue.

Quoi qu’il en soit, Les Souvenirs de l’Empire de l’Atome est un récit dense qui ravira les fous de science-fiction et des années 50. L’ambiance créée est unique et nous plonge dans un vrai voyage dans le temps. Mais cet ouvrage est également l’histoire d’une profonde amitié entre Paul et Zart Arn, amitié qui subira bien des mésaventures au cours de cet album.

Il est possible d’avoir plus d’infos quant à l’univers de cette BD sur le blog des auteurs spécialement créé pour cette bande dessinée: http://empiredelatome.wordpress.com/.

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Une réponse "

  1. […] – Intégrale T2 30. Revenants 21. Saga T2 32. Scalped T8 33. Singe de Hartlepool, Le 34. Souvenirs de l’Empire de l’Atome 35. Temudjin 36. Toi au moins, tu es mort avant 37. Tyler […]

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