Zombillenium

Octobre, octobre, mois du plein automne, du jour qui décline, des poulpes (si, si, pensez étymologie !) et surtout d’Halloween.
Qui dit Halloween dit citrouille, soupe, bonbons, mais surtout monstres, sorcières et horreurs en tout genre.
Un thème (les monstres, pas la soupe ! Encore que le thème du mois aurait pu être… la cuisine !) qui nous trottait dans la tête depuis un bon moment mais que nous n’avions pas réussi à mettre en forme à K-BD : les zombies ? Les vampires ? Les horreurs tentaculaires ? Et si le plus simple était encore de parler de toutes ces petites créatures en même temps grâce à une belle et large étiquette « les monstres dans la BD » ?

La messe était dite, l’accord presque total, les grattements s’intensifiaient aux portes de nos bibliothèques, ne restait plus qu’à faire un choix.

Choix sémantique d’abord : où commence (et où s’achève) la définition du monstre ? L’horreur difforme tapie au cœur des marais est-elle plus monstrueuse que celle planquée derrière certaines portes des appartements voisins ? Le monstre est-il forcément difforme ?
Plutôt que d’ouvrir un large (et intéressant) débat philosophique, nous avons pris le parti de lister ce qui nous venait à l’évocation du thème, et force est de constater que ce sont les pas beaux, les gluants, les dégoulinants, les sanguinaires, les décomposés qui ont raflé la plupart des suffrages.

Nous avons donc choisi d’ouvrir le bal (des vampires) en déterrant pour vous (ah ah) un des titres les plus chargés en bêtes à poils, écailles, bave et autres fluides (glacials ?) répugnants : Zombillénium, d’Arthur de PINS.
Histoire de rentrer de plain-pied (et de plein fouet) dans le vif du sujet (et du héros) avant de décliner le thème en nuances plus subtiles (avec Aberzen), plus gores (avec 30 jours de nuit) ou plus mythologiques (avec Kitaro le repoussant).

Un thème riche alimenté par la peur et l’inquiétude que les monstres, sous toutes leurs (dif)formes, suscitent depuis que le monde est monde, et que l’humain est couard. Et égoïste.
Mais le débat philosophique s’arrête là.

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Pas de couardise au pays des zombies, tout au plus l’envie de se faire peur : voilà ce que propose le parc Zombillénium, implanté dans l’inquiétante banlieue valenciennoise. Pas d’âge pour aimer jouer à se faire peur, surtout quand on sait que les pierres du château hanté sont en carton pâte et les monstres de beaux effets spéciaux ou des employés sous-payés et sur-maquillés.

Pourtant, à y regarder de plus près, les canines plus longues que la normale sont bel et bien en émail, les bandelettes des momies sentent bon l’Égypte ancienne, et la date de péremption des corps des zombies est passée depuis belle lurette.
Non, vous ne rêvez pas, Zombillénium offre un refuge à toutes les véritables créatures horrifiques que le monde a pu abriter.
En échange de cette couverture hors pair, il faut toutefois savoir faire quelques sacrifices, en matière de droit du travail notamment : pas le temps de faire le difficile, surtout quand le contexte économique est moribond. « Je dois vous annoncer que nous avons désormais le triste privilège d’être derrière Vulcania. »

Il faut dire que les monstres d’antan ne font plus vraiment recette : « bonjour le conflit des générations » souligne Legof, qui oppose le goût du jeune public du parc aux références un peu datées de ses propriétaires et de leurs employés (et oui, qu’on le veuille ou non, Michael Jackson remplit de moins en moins les salles de concert).

Comment redresser la situation presque catastrophique de Zombillénium ? Grâce à la nouvelle recrue, peut-être, cet Aurélien Zahner qui a eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment (en l’occurrence la trajectoire de la voiture ramenant Francis Von Bloodt, Sirius et Aton dans leurs pénates). À moins que ce ne soit grâce à la petite Gretchen, stagiaire et sorcière, dont l’arrivée simultanée avec celle du nouveau marchand de barbe à papa (Aurélien, donc) n’est peut-être pas le fruit du hasard.

Beaucoup d’ingrédients réunis par Arthur de PINS pour concocter une histoire qu’il semble avoir brossée avec un plaisir qu’il communique à la plupart de ses lecteurs : Livr0ns-n0us apprécie « l’humour […] au rendez-vous à toutes les pages », Nico le fait que « rien [n’est] lourd [ni] convenu : c’est drôle ».
Yvan reconnaît que « le casting des personnages est aussi amusant que réussi », mais déplore que « malgré un début d’album assez prometteur, l’intrigue [devienne] vite assez banale ».
Zaelle a apprécié « ce décor où les apparences et la réalité se mélangent à ne plus savoir dissocier le vrai du faux », et Legof la « savoureuse histoire contemporaine : une société qui se doit d’être innovante face au dépôt de bilan qui guette et des actionnaires cherchant le profit avant tout (pléonasme). » J’ai d’ailleurs moi aussi été sensible à l’efficacité du décalage entre personnages et contexte : la distance entre humour des uns et réalisme de l’autre permet de livrer aux lecteurs un discours efficace.
Pour Badelel, « l’esprit n’est pas sans rappeler la série Donjon, de SFAR et TRONDHEIM », même si Zombillénium reste « une lecture résolument ado. »

Graphiquement, l’effet numérique saute aux yeux dès l’ouverture de l’album, ce qui peut ne pas plaire à tout le monde.
Nico, grand utilisateur de l’outil binaire devant l’éternel, s’incline devant « la maîtrise [d’] Illustrator » de l’auteur. « Un logiciel qui lui permet de zoomer à l’infini et de réaliser un travail d’orfèvre sur de petits détails qui, à l’œil nu, ne se remarquent presque pas (et c’est dommage) », souligne Lunch.
Pour Yvan, « le graphisme colle parfaitement au ton amusant du scénario » : « un trait […] très propre et enfantin », confirme Livr0ns-n0us, « un dessin carrément sublime » s’extasie Zaelle !
Plus observatrice, Badelel nous éclaire : « l’auteur nous propose quelque chose d’à la fois récurrent et différent des styles qu’il avait adopté jusque-là : moins rond que Péchés Mignons et plus abouti que La marche du crabe »
Arthur de PINS cerne peu les personnages, travaillant directement couleur et matière, ce qui « allège la lecture et la rend très facile » pour Legof.

Toutefois, ce travail à l’économie tend à parfois un peu trop vider les arrière-plans : « on peut […] regretter l’absence de décors dans certaines cases ou quelques approximations de perspectives », complète Nico, à qui rien n’échappe.

L’équipe de K-BD est un peu plus partagée au niveau des couleurs : « assez fades » au premier abord pour Livr0ns-n0us, un peu ternes tout au long de l’album selon moi, elles tendent à « lisser le graphisme » pour Lunch.
Pour Yvan par contre, le « choix [des] couleurs [est] parfaitement adapté », sans doute parce qu’il rend le côté brumeux du nord de la France et l’ambiance spectrale du parc.

Vous l’aurez compris, nous avons dans l’ensemble plutôt été conquis par Zombillénium, à une exception près !

Badelel : « Un agréable moment de détente, bien ficelé et assez original que je prends plaisir à reprendre et à feuilleter. »

Champi : « Saluons cette belle réussite qui, avec un humour bien maîtrisé jouant sur les décalages entre situations réelles (les conditions de travail dans les parcs d’attraction, le monde de l’entreprise et la pression qu’il génère) et personnages fantastiques (issus d’un large mais classique répertoire), fait sourire avec intelligence, légèreté, et finalement une certaine classe. »

Legof : « L’auteur n’a pas son pareil pour amener les situations drôles de manière subtile et détournée. La narration est parfaite et l’humour est moderne. »

Livr0ns-n0us : « Une très bonne surprise que je conseille à tous ! »

Lunch : « J’ai vraiment pris un grand plaisir à lire cette histoire farfelue et débridée dans laquelle les monstres se réinventent des problèmes bel et bien humains. »

Nico : « Les temps sont durs et les occasions de rire un coup sont de plus en plus rare, donc profitez de cette opportunité et faite péter les zygomatiques !! »

Yvan : « Cela manque un peu de noirceur et l’on a parfois l’impression de se retrouver dans un épisode de Scoubidou. »

Zaelle : « Je me suis vraiment éclatée en lisant cette bd, et j’en redemande déjà. »

Vous pouvez retrouver une chronique du tome 2 du côté de chez Livr0ns-n0us, de chez Zaelle, voire chez Lunch qui a traité deux tomes en un.

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  1. C’est effectivement une série sympathique qu’il faut lire au moment d’Halloween. :) J’attends le tome 3 avec impatience. Je crois que sa sortie est prévue début novembre.

  2. […] / Jean-Louis Mourier), Soleil, 1997 – Zombies (Olivier Peru / Lucio Alberto Leoni), Soleil, 2010 – Zombillénium (Arthur de Pins), Dupuis, […]

  3. antonin faucher le plus gros fan de zombillenium dit :

    faite vite le tome 4 j en peux déjà plus d attendre vite! VITE! VITE!

  4. zombifan dit :

    dépèchez vous je vos demande de vous dépècher pour le tome 4 vite vite

  5. zombois dit :

    c la meilleur bd de tout les temps

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