aberzen

Badelel : « Le maître-mot d’Aberzen, c’est la surprise. »
Champi : « La relecture de ce tome 1 m’a donné envie de me replonger dans le cycle entier. »
Legof : « Au final, il s’agit d’une histoire engageante et plaisante sur les deux premiers tomes mais qui devient très confuse sur les deux derniers tomes. »
Lunch : « Autant le dire tout de suite, cette série n’est pas faite pour ceux qui aiment rester maîtres de la narration. »

Aberzen est une histoire un peu folle réalisée par Marc N’Guessan (Petit d’Homme, etc) avec l’aide de Christophe Gibelin (Ailes de Plomb, Les Lumières de l’Amalou, Terres d’Ombre, etc) pour les couleurs et non pour le scénario comme sur les autres titres, les deux auteurs étant mentionnés en couverture alors que les coloristes passent souvent à la trappe.
Ce premier tome du quadriptyque (tiens ça n’existe pas ce mot-là ?) nous fait découvrir le personnage principal, Hotis, ours anthropomorphe et chef d’équipe de mineurs dans un monde imaginaire. Son équipe, travaillant plusieurs centaines de mètres sous terre, découvre une paroi lisse, quelque chose de bien différent de la roche environnante. Intriguée, l’équipe décide de la percer. Un éboulement s’ensuit, découvrant un énorme espace circulaire vide avec en son centre un œuf mystérieux sur un promontoire. Après quelques observations, les membres de l’équipe découvrent au-dessus de celui-ci, d’autres œufs malheureusement bien plus connus ceux-là. Ils appartiennent aux Krékersès, des créatures agressives oubliées depuis longtemps mais qui peuplaient encore récemment les rêves d’Hotis. Ce dernier sera occis par l’une d’entre elles, ce qui le projettera dans un monde parallèle habité de cinq autres personnages.
Mais se pourrait-il qu’Hotis soit le sauveur tant attendu dans ce nouveau monde ?

L’ensemble des chroniqueurs s’accordent sur le fait qu’Aberzen n’est pas une série à lire en petit-déjeunant, l’autre œil se baladant sur le journal ou regardant Le Trône de Fer. Le maître-mot est la concentration. Il convient de s’impliquer dans l’histoire, d’être un spectateur mais d’être un spectateur attentif et concerné. Comme le dit si bien Badelel « le grand problème de cette série, c’est qu’il faut allumer son cerveau avant de la lire » (à croire que cela lui pose un souci !). L’intrigue n’est pas évidente. En effet, les acteurs principaux se retrouvent dans un… univers (ne faisons pas les fines bouches pour en savoir plus comme l’explique Champi) difficilement définissable dans lequel Hotis débarque après sa mort, avec les séquelles de ce qui a provoqué sa disparition, à savoir un bon gros trou à la place de la poitrine.
Il est indéniable que cette série est pleine de rebondissements et pour Lunch, c’est le pied car il a « aimé être surpris et berné ». Les êtres fantastiques se succèdent les uns aux autres, les apparences peuvent être trompeuses et il est même question de voyage dans le temps. Force est de reconnaître qu’avec de tels éléments il est pratiquement impossible d’anticiper ce qu’il va se passer. Hormis, d’après Lunch toujours, pour un garçon, lors d’une dédicace au moment de la sortie du tome 2, qui a fait savoir à l’auteur comment la boucle serait bouclée. Qu’il se rende compte qu’à cause de lui, l’histoire est d’une richesse extrême, les contre-pieds nombreux et que moi, je n’ai pas du tout deviné à la fin du tome 2 la chute du cycle car « je me suis perdu dans cette histoire que j’aurais bien du mal à résumer ». C’est qu’il a rendu ma vie difficile le gamin (et en plus je fais un complexe d’infériorité maintenant) !
Pour Champi et pour moi-même, le récit est compact, de par son découpage et ses phylactères. Champi : « Les cases sont souvent chargées en détails, les pages chargées en cases et les dialogues ne sont pas en reste : tout concourt à la densité du récit. Tout le contraire d’une production à l’économie ».
Mais, dans tant de densité, on n’étouffe pas. L’auteur use de moments de relâchements humoristiques bienvenus. Et par là, c’est même le ton général de l’œuvre qui est mis en exergue. Car l’auteur aime régulièrement mettre des légèretés de-ci de-là. Les deux être volants, Ono et Ana, ont leur importance dans l’histoire mais ils présentent aussi une répartie à la Dupont et Dupond qui nous fait sourire dans ce cadre a priori bien sérieux.

L’équipe a été enthousiasmée par le dessin. Comme le relève Champi, il est de la tendance de « La Fabrique Delcourt » de la fin des années 90 et début des années 2000. Pour Champi toujours, « L’élégance du dessin [est] très attirante ». Pour ma part, « Le trait est fin et fourni sans être chargé ». Lunch met en avant le souci du détail de Marc N’Guessan « Le dessin de l’auteur est fait d’une multiplication de petits traits ». En effet, ces traits n’alourdissent nullement le dessin mais lui donnent une profondeur et une force de détail très agréable. Enfin pour terminer, Champi mentionne que « Plutôt réaliste malgré un contexte fantastique, son trait confère à ses personnages et aux monstruosités qu’ils affrontent un air de « presque aussi vrais que nature » ».
Mention spéciale de la part de Lunch pour la mise en couleur réalisée par Christophe Gibelin, surtout celle des trois premiers tomes car par après c’est Delphine Rieu qui s’y colle mais n’apporte pas la même profondeur de caractère aux traits du dessinateur.

Ce premier tome d’Aberzen, cycle à la fois d’heroic-fantasy et de science-fiction, invite à la lecture de la suite. Il est trop frustrant de s’arrêter là. Et c’est important car Aberzen doit être vue comme une série qui doit se lire dans l’ordre et dans son entièreté afin d’en tirer toute sa saveur. Bien que le sujet soit complexe, il est plein de surprises et raconté avec des moments de légèreté qui en rendent la lecture agréable, le tout étant accompagné d’un dessin fouillé et doux à l’œil.

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Une réponse "

  1. […] Aberzen (Marc N’Guessan), Soleil, 2001 – A.L.I.E.E.N. (Lewis Trondheim), Bréal, 2004 – Amour de […]

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