doggybags

Avec Doggybags, K.BD continue son exploration du Label 619 de chez Ankama. Cette nouvelle mission d’infiltration de quatre courageux membres du blog au sein de ce laboratoire d’expérimentation du neuvième art s’annonçait d’emblée assez périlleuse car cette saga destinée à un public averti est connue comme étant l’une des plus mortelle de cette collection créée par Run.

Lors de la conception de cette série, ce dernier a voulu créer un véritable défouloir pour des auteurs qui désirent redonner leurs lettres de noblesse aux pulps. Basé sur un mélange de scénaristes et de dessinateurs qui laissent libre cours à leur créativité et un concept série B au look très vintage, Doggybags rend donc hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70 et s’inspire du concept de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez pour leur diptyque Boulevard de la mort (Death Proof) / Planète terreur (Planet Terror). Le menu de chaque tome est aussi simple que séduisant : une compilation de trois histoires courtes réalisées par des auteurs différents. Leurs points communs étant un dessin qui en met plein les yeux et des scénarios sans concession qui mêlent violence, surdose d’action, humour bien macho, sexe et beaucoup d’hémoglobine.

Proposer des histoires courtes en bande dessinée est un exercice assez délicat, car le manque de place ne laisse pas beaucoup de marge à l’histoire pour décoller ou résulte parfois en une densité d’information assez indigeste. Ici, le dosage approche la perfection, résultant en des récits prenants, très bien écrits et dont la qualité est indiscutable. Même si les intrigues se nourrissent de plein de choses, c’est surtout la culture américaine qui est la principale source d’inspiration : un savoureux mélange de 50′s et 90′s, de rock et de hip hop, avec également une belle place à la culture latino, entre folklore et lucha libre, et un soupçon de guerre des gangs. Les dialogues, parfumés d’un humour légèrement crétin, sont en général assez épurés. Ils se mettent souvent au service de l’action et viennent admirablement compléter des visuels souvent déjà très évocateurs. La lecture est fluide, le lecteur est réellement pris dans le rythme, le graphisme est mordant, dynamique… et la violence, omniprésente, n’est absolument pas suggérée.

Zaelle : « On n’est pas au pays des Petits Poneys ici, ça dézingue à coups de pieds, de pelle, de marteau. Âmes sensibles s’abstenir… »
Mo’ : « Cette lecture nous percute de plein fouet : âmes sensibles s’abstenir ! »
Livr0ns-n0us : « Ça casse, ça crash, ça claque ; c’est violent, puissant, brutal, bref, ça dépote ! … le maître-mot est l’éclate ! »
Champi : « … pas de tromperie sur la marchandise. On nous annonçait du sang, de la cervelle et des nanas à poil, et nous étions servis. »

Si les œuvres parues sous le label 619 sont toujours un peu à part dans le paysage franco-belge, Doggybags pousse cette impression encore un peu plus loin en soignant l’ambiance jusque dans les moindres détails. De la maquette du livre au style rétro et usé de l’ensemble, en passant par les fausses publicités, un poster détachable en fin d’ouvrage, les mini-coupons à découper ou ce vrai-faux courrier des lecteurs, chaque détail rappelle le bon souvenir des vieux comics underground. Certains bonus, comme les faits divers réels ou les fiches explicatives apportent même une touche didactique et réaliste aux différents thèmes abordés.

Bref, vous l’aurez compris, les auteurs du Label 619 d’Ankama ne sont pas les seuls à prendre leur pied au sein de cette saga, car tous les membres de K.BD, à l’exception de Champi qui est resté un peu sur sa faim, sont également revenus entièrement satisfaits de cette nouvelle expédition sur le terrain de jeux de Run !

Zaelle, qui sait pourtant qu’elle va se prendre une grosse claque en ouvrant un titre de cette collection, n’hésite pas à foncer tête baissée dans chaque tome de cette saga. Mo’, qui cherchait sa dose d’adrénaline, s’est vue percutée de plein fouet par cette lecture. Livr0ns-n0us est ressortie hyper motivée de son premier combat en trois rounds et a hâte d’attaquer le deuxième volet. Champi, plus mitigé, s’attendait à une promise trop séduisante, mais sous la robe laissant entrevoir des formes généreuses se cachait un corps peut-être en devenir mais finalement pas à la hauteur de ses attentes. Quant à moi, je vous conseille vivement la lecture de cette série de tomes totalement indépendants, en vous invitant à jeter un œil sur le menu très alléchant du quatrième volume de Doggybags : une leçon de survival, une légende urbaine pour conducteurs avertis et un assaut militaire qui tourne au massacre… mais, surtout, une bonne dose d’horreur et de frissons !

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  1. […] également l’avis à plusieurs mains de K.BD […]

  2. […] Doggybags (Florent Maudoux), […]

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