revuedessinee

Choco : « La Revue Dessinée se révèle donc plus qu’intéressante à découvrir. »
Legof : « Un vrai plaisir de se caler au coin du feu, de se blottir sous le plaid (même s’il ne neige pas vraiment dehors) pour se lancer dans la lecture et s’enrichir intellectuellement. »
Livr0ns-nous : « Instruire, informer, divertir : en 228 pages, La Revue Dessinée remporte haut la main ce pari en proposant des contenus riches, qui sortent des sentiers battus. »
Mitchul : « Des articles qui informent et apportent un éclairage sérieux sur les événements décrits. Tout en régalant l’amateur de narration séquentielle qui en prendra plein la vue et fera assurément de belles rencontres. »
Mo’ : « Un bon moyen de se sensibiliser à certains sujets d’actualité et de découvrir des auteurs. »
Nico : « Le concept a réussi à me séduire et je me précipiterai pour aller acheter le numéro 2. »

Nous entamons ce mois-ci un nouveau thème sur K.BD. Il s’agit du thème du documentaire dans la bande dessinée. Il ne s’agit pas de parler des bandes dessinées historiques ou autobiographiques qui dans un sens nous apprennent bien des choses sur un certain sujet, mais plutôt de bandes dessinées qui abordent une thématique par exemple à la manière d’un documentaire télévisuel, que ce soit via l’expérience de l’auteur (tel Guy Delisle et ses séjours à l’étranger) ou via une approche plus orientée journalistique. Il est à noter que cette dernière approche a été très fortement soutenue par Futuropolis sur plusieurs albums récents (Le Printemps des Arabes, Revenants…). Le premier ouvrage sur lequel nous allons nous pencher s’intègre particulièrement bien dans cette catégorie même s’il n’est pas une bande dessinée à proprement parler mais est en réalité un magazine : La Revue Dessinée.

Bien que le dessin de presse existe depuis la nuit des temps, que des représentations graphiques effectuées par des artistes sur les champs de bataille existent depuis longtemps, la transposition en BD est une approche plus récente sur les dix dernières années. Toutefois, La Revue Dessinée nous délivre une nouvelle approche de la découverte de notre monde par le graphisme.

La Revue Dessinée est un magazine d’un nouveau genre à parution trimestrielle et édité à chaque nouvelle saison. Si elle fait partie d’une nouvelle tendance, celle des mooks (pour la contraction de Magazine et de bOOK), elle est bien la première à s’y adonner sous une forme totalement dessinée. Précisons qu’un mook est un ouvrage à périodicité espacée (tous les 3 ou 6 mois), sans aucune publicité, et qui fait la part belle aux grands articles (tapuscrits, photographiques…) au rythme reposant. Ça respire, on ne colle pas au rythme effréné de l’actualité, on n’est pas constamment scotché à tel compte Twitter ou à tel groupe Facebook. On profite, on s’aère, on prend le temps, on inspire bien fort et on se plonge dans l’article.

Dans cette vague des mooks, il existe par exemple la revue XXI (initiatrice du genre) à la forme rédactionnelle ou aussi la revue 6 Mois qui utilise, elle, une approche photographique de ses articles. Il est à noter que la revue XXI présente déjà parmi sa dizaine de reportages trimestriels un seul et unique reportage graphique réalisé par un auteur de BD au choix (Tronchet, Stassen, De Heyn…). L’approche de La Revue (on l’appellera La Revue entre nous, c’est plus rapide à dactylographier, merci pour votre compréhension) est de s’abandonner pour l’entièreté de ses articles à des œuvres graphiques.

On ne sera donc pas étonné de voir à l’origine du projet principalement un auteur de bandes dessinées (Frank Bourgeron) et une équipe d’auteurs proches fraîchement sensibilisés (Jouvray, Kris, Ollagnier, Ricard) ainsi qu’un journaliste (Servenay). Le but de ces acteurs est de pouvoir analyser et communiquer graphiquement le monde qui nous entoure ainsi que son actualité. Il faut croire que cette approche répondait à une attente du public. En effet, comme le mentionne Mo’, l’équipe est passée par une phase d’appel au financement (crowdfunding) sur le site Ulule. Le succès fût plus qu’au rendez-vous car le projet a récolté 6 fois plus d’argent qu’escompté !

Voici une liste non-exhaustive des articles traités dans les deux premiers numéros déjà parus de La Revue :
Terres australes (Cailleaux) : récit sur l’expérience de vie sur un bateau de la frégate nationale qui patrouille plusieurs semaines dans l’hémisphère sud
Belge Congo (Stassen) : récit sur la vie d’immigrés africains dans le quartier Matongé à Bruxelles et leur relation à la politique de leur pays d’origine
Le prix de la terre (Rescan, Brunnon & Vassant) : une enquête dans le Pas-de-Calais sur la difficulté qu’il peut y avoir à racheter une exploitation agricole à cause de l’arrière fumure
Energies extrêmes (Lapoix & Blancou) : une enquête (au traitement graphique similaire à Squarzoni en moins subjectif selon moi) en trois volets sur l’histoire et l’émergence de cette nouvelle technique industrielle d’extraction des hydrocarbures enfouis dans nos sols que constituent les gaz de schiste
Jardin zoologique (Montaigne) : un reportage sur les coulisses du jardin zoologique parisien
11 septembre 1973 (Bras & Gonzalez) : un documentaire sur les derniers instants de la vie de Allende disparu lors du coup d’état attenté contre lui (superbe pour Mo’ et effectivement un document très fort dans lequel le dessin « torturé » de Gonzalez magnifie la situation)
Amesys en Libye (Manach & Nicoby) : une enquête sur la vente par une société française d’un outil de contrôle du Net à la Libye de Khadafi
Les Plaies de Fukushima (Lepage) : un récit de Lepage sur la vie autour de la centrale de Fukushima près de trois ans après le terrible tsunami à la manière d’Un Printemps à Tchernobyl
Un VRP de guerre (Servenay & Kokor) : un reportage sur la vie de Jacques Monsieur (ça ne s’invente pas) facilitateur du commerce d’armes de par le monde

Comme le loue Choco, « cette grande diversité de thématiques, la précision journalistique et la qualité de la mise en image m’ont semblé véritablement un atout pour ce magazine d’information qui se veut aussi pro qu’un journal classique. ».

Il est à noter que ces reportages précités sont relativement longs (entre 20 et 50 pages) et sont entrecoupés de chroniques humoristiques et articles plus courts traitant de l’histoire de l’informatique, de l’anticipation de notre monde, d’économie… Ces chroniques nous laissent parfois plus dubitatifs, voire complètement sceptiques pour ma part et pour Livr0ns-nous en ce qui concerne le propos sur l’histoire de l’informatique.

Les sujets sont réalisés soit par un auteur qui exprime ses impressions sur un événement qu’il a lui-même vécu ou dont il est proche (Les plaies de Fukushima, Terres australes…), soit par un couple auteur-journaliste/enquêteur (Amesys en Lybie, Un VRP de guerre…). A mes yeux, la première catégorie d’articles a un aspect plus carnets de voyage, reportages, là où la deuxième aura un aspect enquête/documentaire. Et c’est qu’on en apprend des choses grâce à ces articles. Des choses qui, sans l’aspect graphique, nous auraient sans doute échappé ou n’auraient sans doute pas attiré notre attention dans une revue classique comme le mentionne Mitchul. Alors qu’ « il a été moqué durant des décennies » (Nico), le neuvième art, sans jamais rendre le propos enfantin ou simpliste, peut permettre de transmettre des propos qui auraient autrement paru abscons. Pour ma part, je trouve que ce genre de documentaire en bandes dessinées doit encore trouver la bonne formule pour sa représentation graphique. En effet, dans Amesys en Lybie, on sent qu’il s’agit d’une retranscription d’une enquête et pour cela, la représentation graphique paraît un peu forcée et académique. Mais j’ai été mille fois plus emballé par le rendu du reportage sur les gaz de schiste. Mo’ a eu pour sa part aussi un sentiment de longueur et de lourdeur à la lecture de ce type d’articles qu’elle appelle les enquêtes (Le Prix de la Terre, Les Pionniers du gaz de schiste…).

Le projet est à 80% entre les mains de ses fondateurs. C’est ainsi que La Revue devient un espace de mise sous projecteur d’auteurs et de leur travail. Si celui-ci plaît, soit aux éditeurs « classiques » soit au public, il se peut qu’une édition de l’œuvre en bandes dessinées soit réalisée. Futuropolis, partenaire dans l’affaire, a déjà passé deux « commandes », une pour l’impression de l’enquête sur le gaz de schiste, l’autre pour Amesys en Libye. Ainsi, d’une certaine façon, La Revue reprend le rôle de ce qu’était Spirou à l’origine : avant tout un magazine à lire avec sa périodicité, et une impression en album uniquement en fonction du retour positif du public.

Le prix d’un tel ouvrage est de 15€. Cela peut paraître cher de prime abord. Toutefois, dites-vous que ce prix-là est désormais celui de n’importe quelle BD grand format, sans parler des Futuropolis. Si on a grandi à une époque où porter les culottes courtes était la mode et à laquelle les BD grands formats s’achetaient à 11 ou 12€, cette période est malheureusement belle et bien révolue. La Revue étant une nouvelle œuvre, elle doit afficher son premier prix dans notre monde actuel où 15€ est cohérent pour un tel ouvrage. Pour donner un niveau de comparaison, les autres mooks affichent des prix variant entre 15 et 20€. Un autre point important mentionné par Mo’ est l’absence de publicité. Cela vaut la peine de ressentir ce que cela fait de lire un ouvrage périodique sans aucune publicité, surprise garantie. Ceci a pour conséquence également que les 228 pages de La Revue sont 228 vraies pages et pas la moitié de contenu inutile (devinez quoi… la pub bien sûr). On a donc entre les bras 4 à 5 BD grands formats pour le prix d’une. Ça fait tout de suite moins cher vu comme ça, non ?

La lecture de La Revue pourra vous renvoyer à des dossiers sur internet via des codes QR (présents dans les doubles-pages explicatives à la fin de chaque article) ou vous pourrez également vous rendre sur le site de La Revue Dessinée afin d’avoir accès à du contenu additionnel.

A noter toutefois que si le laïus ci-dessus ne vous a pas convaincu, il est possible de passer par une version numérique au prix de 3.99€ uniquement disponible sur l’Apple Store pour avoir un avant-goût. Pour ma part, étant de la vieille école, je suis plus enclin à lire ce genre de reportage sur un support papier qui me semble mieux convenir à l’approche des auteurs (on prend son temps).

En conclusion, l’ensemble de l’équipe a été emballé et conquis par cette nouvelle revue. Pour Choco, « les auteurs sont à la lisière du journalisme et réussissent à mélanger informations journalistiques et mise en image plus subjective ». Le subjectif est pour moi important et je crois que c’est là que La Revue peut se démarquer du reste, son traitement graphique appelant évidemment à la subjectivité. Nico a pu « passer un moment de lecture agréable tout en s’instruisant ». Pour Mitchul, comme dans tout magazine, « bien sûr, l’ensemble des articles, reportages et autres documentaires est plutôt inégal » mais c’est « une revue qui fait découvrir des fonds et des formes ». Mo’ était enthousiaste pour le premier volume et l’est tout autant pour le second. Pour ma part, je suis totalement emballé car cette revue couple deux de mes intérêts (la bande dessinée et le documentaire). Toutefois, pour certains types d’articles (les enquêtes), j’attends de voir ce qu’une représentation graphique peut apporter par rapport à un reportage télévisuel par exemple. Mais il est certain que la voie est toute tracée pour que cette Revue Dessinée devienne quelque chose de très grand.

 

Legof

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  1. […] mettant à l’honneur La revue dessinée pour ouvrir son mois du documentaire, K.BD a fait le choix de l’éclectisme : variété des […]

  2. […] documentaire dessiné (Anne Frank au Pays du Manga), un magazine documentaire de bandes dessinées (La Revue Dessinée), un mix de bandes dessinées et de photos (Le Photographe) en terminant par un ouvrage plus […]

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