aurore

♦ Par l’auteur de L’île sans sourire (Prix BD de l’Aube – Prix Tibet 2010, prix du Conseil général des jeunes de Charente à Angoulême 2010 et médaillé d’argent aux International Manga Awards 2011) ♦
♦ Après les Contes de l’ère du Cobra (Grand prix de l’Imaginaire 2013 à Étonnants Voyageurs) ♦

 

Yvan : « Un one-shot au dessin particulièrement attrayant, qui sort des sentiers battus et ne manquera pas de séduire les amateurs de contes fantastiques. »
Zaelle : « Encore une petite splendeur de chez Métamorphose […] »
Lunch  : « Si j’ai apprécié la lecture, je reste toutefois un peu sur ma faim, triste plus que déçu par l’épilogue de l’album. »
Badelel : « L’univers d’Enrique Fernández a toujours un quelque chose de mystérieux et Aurore n’échappe pas à la règle. »
Livr0ns-n0us : « Enrique Fernández entremêle avec brio conte traditionnel et fable écologique, le tout servi par des illustrations à couper le souffle. »
Il est de moins en moins de mise de présenter Enrique Fernández. Il faut dire que le jeune auteur espagnol n’a pas son pareil pour enflammer l’imaginaire avec ses récits envoûtants et ses graphismes impeccables. Aurore, sans surprise donc, a beaucoup plu à tous les K.BDiens qui se sont jetés dans la lecture.Fin observateur, Lunch scrute l’album avant de l’ouvrir et s’interroge déjà sur la couverture : « une petite fille tout de rouge vêtue et accompagnée d’un loup noir… ». D’une manière tellement similaire qu’elle en devient troublante, je fais le même constat : « Un loup à l’air menaçant et une jeune fille aux cheveux et aux chausses flamboyants sur fond de forêt impénétrable… ». Et paf ! Nourris aux histoires qui se racontent au coin du feu, la référence au Petit Chaperon Rouge nous apparaît dans toute sa splendeur. Il est à noter cependant très vite que l’histoire d’Aurore est bien loin de celle du petit pot de beurre…

Et pourtant, comme je le souligne, il s’agit bien d’un conte, voire d’une fable qui se donne au lecteur ouvrant Aurore. Mais qui est elle, cette fameuse Aurore ? Aurore est double. Elle est cette lumière ambrée inhabituelle qui s’est manifestée un soir dans le ciel au dessus de la tribu et qui, quelques jours plus tard, a remplacé l’eau du ruisseau, épaisse et molle, comme un paresseux fleuve d’or liquide. Aurore est aussi une petite fille intrépide, qui a plongé ses mains dans ce curieux phénomène et qui a été instantanément transformée en pierre. Lorsqu’elle reprend conscience, elle est accueillie par Vokko, « un esprit de la forêt aux allures de loup qui sert non seulement de guide à la petite mais également au lecteur » constate Yvan. Ami, assieds-toi et laisse Vokko te conter comment ta tribu, installée depuis des temps immémoriaux sur cette terre, perd peu à peu la foi en ses ancêtres et ses esprits. La terre s’appauvrissant, les ressources s’amenuisant, ton peuple est déchiré entre ceux qui choisissent de partir voir si l’herbe est plus verte ailleurs et ceux qui s’accrochent corps et âme à leur héritage mais s’épuisent de jour en jour. Au milieu de tout cela, le récit des parents d’Aurore, inconsolables, qui décident de remonter à la source de l’étrange ruisseau qui a transformé leur enfant en statue. Et, bien sûr, le récit d’Aurore, qui s’aperçoit qu’elle est passée dans le monde des esprits et qu’elle ne se souvient pas du tout de son histoire. Vokko lui annonce alors qu’elle n’est pas là par hasard et que la chamane du village lui a confié une mission primordiale : écrire une chanson qui redonnera à la tribu sa foi disparue.

« Mais qu’écrire quand on ne se souvient de rien ? Quand on ne ressent aucune émotion ? » s’interroge Zaelle. Vaste tâche qui attend donc la fillette ! Mais la petite Aurore ne se laisse pas abattre, car Enrique Fernández a, comme je le remarque, veillé à ce que son histoire ne soit pas que tristesse et mélancolie, en dotant Aurore d’un sacré caractère. J’ajoute en outre que « le duo qu’elle forme avec Vokko, tantôt cynique, tantôt malicieux, fait des étincelles. » ! Pourtant, il y aurait de quoi être découragé… Lors de ses pérégrinations dans la forêt, la fillette sollicite en effet l’aide d’esprits animistes qui se révèlent bien peu tendres avec son peuple, des « créatures qui pourraient aisément intégrer l’univers d’Hayao Miyazaki » analyse Lunch.

Badelel a fortement apprécié la diversité des sujets abordés dans cet album, en particulier « un thème nettement moins courant : celui d’avoir à être fier de ce que l’on est quand rien ne joue en votre faveur. Comment faire les louanges d’une race qui ne vit qu’aux dépends de ce qui l’entoure ? ». Elle a cependant eu du mal a entrer dans le récit et a regretté que certains thèmes ne soient que survolés. Yvan lui fait écho sur ce dernier point : « malgré une conclusion réussie, qui ponctue brillamment la complicité qui s’installe entre les deux protagonistes principaux au fil des pages, la quête d’Aurore n’est pas suffisamment aboutie ». Cette fameuse conclusion a pourtant laissé Lunch légèrement contrarié ; il déplore surtout le manque d’optimisme de ce petit conte : « [l’]histoire […] ne se finit pas forcément mal, mais [elle] aurait peut-être pu prendre une tournure plus joyeuse. »

Côté graphisme en revanche, c’est carton plein pour tous les K.BDiens ! Les compliments ne cessent de pleuvoir : « visuellement, le jeune auteur espagnol livre par contre à nouveau un sans-faute : un graphisme original et efficace, rehaussé par une colorisation en parfaite adéquation avec le scénario » (Yvan), « le dessin est absolument sublime […], les couleurs tout autant… Chaque case est un vrai plaisir pour l’œil, on s’y perd avec délice » (Zaelle), « le trait quasi-géométrique et exagéré d’Enrique Fernández donne parfaitement corps à cette ambiance primitive. On ne peut qu’admirer ses tons directs à l’aquarelle qui offrent toujours une telle sensibilité à l’image ! » (Badelel). Quant à moi, « mon cœur penche définitivement en faveur de cet album à la technique traditionnelle. […] Je n’aime rien tant qu’une aquarelle délicate où l’on distingue les coups de pinceaux et le grain du papier. J’y trouve une sensibilité prodigieuse qui sert magnifiquement cette histoire où il est, finalement, surtout question d’amour. » Lunch semble davantage intrigué et qualifie le dessin d’Aurore d’« un peu étrange. […] Parfois gamine, espiègle et perdue, on a aussi cette impression qu’elle est parfois plus mature que la plupart des enfants de son âge. »

Zaelle et moi-même nous accordons pour souligner une fois de plus notre admiration (que dis-je, notre adoration !) pour la sublime collection Métamorphose (éditions Soleil), qui nous ravit à chaque parution. « C’est un conte plein de poésie, d’humour et de jolies choses. […] À croire que les auteurs de la collection sont les vrais lutins du Père Noël, du genre à ne créer que des objets de désir à mettre sous le sapin » déclare Zaelle, qui a été au moins aussi emballée que moi. Moins enthousiaste, le reste de l’équipe a néanmoins passé un agréable moment de lecture avec cet album soigné aux accents philosophiques qui a ravi nos yeux gourmands.

Livr0ns-n0us

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