une histoire d'hommes

Bidib : « Le scénario est plutôt bien construit, mais sans surprises. Et… sans grand intérêt. »
Champi : « Attendons un futur opus réaliste pour trancher. Mais pour l’heure la faim demeure. »
David : « Là, j’ai vu un bel exercice de style, une histoire bien racontée mais pas plus. »
Mitchul : « Ne boudons pas notre plaisir d’apprécier un album d’honnête facture. »
Mo’ : « J’aimerais être sûre d’avoir trouvé les mots justes pour vous donner envie de le lire à votre tour. »
Legof : « Voir Zep au volant d’un album qui sort de ses sentiers battus se révèle être une très bonne surprise. »
Yvan : « Bref, une lecture très agréable, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable. »

Les caca boudin, les zizis et les vomis, c’est fini tout ça, au moins le temps d’un « autre » album pour Zep.
Cette semaine nous allons passer au crible un album édité il y a près d’un an par un nouveau venu sur la scène de l’édition (Rue de Sèvres) qui est en fait le département BD de l’Ecole des Loisirs.

Il s’agit d’Une Histoire d’Hommes. Si Zep a laissé de côté son trublion à la crinière si typique (rentre chez toi Neymar), dans cet album, il garde malgré tout sous la main une autre de ses marottes bien présente : le Rock. On va découvrir une bande de potes (au moins auparavant) qui ont créé un groupe de musique. 16 ans plus tard, eux qui s’étaient perdus de vue (une famille, la bedaine naissante, c’est pas bon pour être rockeur tout ça), voilà qu’ils décident de se retrouver entre eux, en souvenir du bon vieux temps. Dans la campagne anglaise, chez l’un des acolytes… qui, lui, a percé en solo au point d’être une star. Pas à la Mick Jagger ou Prince, mais Pascal Obispo n’a qu’à bien se tenir.

Lors de ces retrouvailles, on sent un malaise. Oh, pas de quoi soulever des vagues. Le seul de la bande qui serait à même de se révolter a réussi et n’a donc pas de raison de ruer dans les brancards. Pas vraiment de mots plus haut que les autres. Mais clairement, si l’ambiance est gentillette dans le groupe, on sent qu’il s’est passé quelque chose et que 16 ans après l’arête est encore là quelque part dans la gorge.

Et là, on arrive au cœur de cette histoire. A savoir la progressive découverte des sentiments entre les personnes, des relations passées, des frustrations non dévoilées et des espoirs déçus. Très clairement, le talentueux a eu un blocage à cette époque. Il n’a jamais su passer le cap au point que sa vie privée, plus du tout liée au groupe, avance cahin-caha.

C’est là que nous arrivons au premier schisme de KBD (prenez vos livres d’histoire à l’année 2014). Il y a tout d’abord ceux, plus nombreux donc commençons par eux, qui n’y ont rien vu d’extraordinaire, seulement une suite de mièvres cases sans saveur. Une présentation banale de l’équipée sans aucune empathie possible pour raconter le trouble du groupe. Pour ces chroniqueurs, ce type d’histoire, il y en a pléthore depuis une dizaine d’année dans le monde de la bande dessinée. Emballé, c’est pesé, par ici la sortie, il n’y a rien à voir.
Et puis il y a ceux, comme Mo’ (elle espérait même plus de pages dans l’album pour rester en compagnie des protagonistes) et votre humble serviteur, qui ont été scotchés par cette histoire. Non pas par un scénario débridé ou profond mais par la capacité de l’auteur à nous faire ressentir les éléments, à nous plonger au cœur du groupe et nous faire palper les sentiments.

Pour certain, comme David qui a eu besoin d’une deuxième lecture afin de se montrer plus « soft » envers cette œuvre, il attendait plus d’un auteur comme Zep. Le fait de passer du dessin « Gros Nez » à une histoire plus « humaine » l’avait amené à attendre quelque chose de nouveau. Effectivement, si le style est nouveau pour l’auteur, il ne révolutionne pas le genre qui existait déjà. Pour ma part, j’ai eu le sentiment qu’il a remis une copie très propre si pas génialement nouvelle.

Je trouve également l’approche graphique très réussie. Les teintes en bichromie constantes sur 6 cases pour ensuite passer à une autre teinte sur les 6 cases suivantes sont discutables dans le sens où elles n’apportent pas des masses au rendu mais elles renforcent le côté tragique de la situation. Zep utilise des ficelles peut-être un peu grosses, dignes de la Nouvelle Vague (les gens se parlent en regardant qui ses pieds, qui un bout de papier flottant dans l’air) mais il arrive à créer un sentiment de malaise entre les personnages que l’on ressent et qui va progressivement s’éclaircir. Personnellement, j’ai été bluffé par le rendu réaliste du dessin. Mais il n’a pas été au goût de tout le monde, Bidib trouvant par exemple des expressions ratées, tenant plus de la grimace qu’autre chose.

Au final, la majorité de l’équipe est sortie mi-figue mi-raisin de la lecture de cet album. Pas grand-chose à reprocher, mais pas grand-chose à aimer non plus. Pour ma part, j’ai été super-emballé. Ce qui m’amène à la conclusion suivante :

La démocratie veut que la voix de la majorité l’emporte… Moi, je dis : Rien ne vaut une bonne dictature éclairée (par moi bien entendu).

En guise de conclusion plus sérieuse, le mieux est de vous laisser tenter et de vous faire votre propre idée. Mo’ et moi-même avons été conquis. David y a trouvé quelque chose à la deuxième lecture. Yvan et Mitchul ont trouvé cet album honnête, sans plus tandis que Bidib et Champi auraient volontiers passé leur tour. Champi (tout comme David), lui, attendait de Zep un Ovni là où il nous a fait un Airbus bien standard.
Cette bande dessinée n’est donc pas intrinsèquement mauvaise mais à vous de voir si elle vous touchera ou pas.

Legof

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Une réponse "

  1. bidib dit :

    c’est bizarre, au moment de l’écrire j’avais pas l’impression d’avoir été si dure que ça avec cette BD. En réalité j’ai pas détesté, mais ça ne ma pas fait grand impression

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