slamdunk

Aborder le manga Slam Dunk au lendemain d’un championnat du monde de basket historique pour la France revêt une saveur toute particulière.

Takehiko Inoue, ancien capitaine de son équipe au lycée, est un grand passionné de ce sport et il l’a démontré à plusieurs reprises dans ses œuvres, que ce soit dans Kaede Purple, Buzzer Beater ou encore Real (mais aussi dans le jeu vidéo puisqu’il a participé en tant que character design à la création de One on one sur Playstation… avouons-le, ce dernier titre n’est pas une réussite).
C’est avec Slam Dunk que la carrière du mangaka démarre en flèche pour connaître un succès retentissant dépassant les 120 millions d’exemplaires vendus (soit le 9ème manga le plus vendu au monde) !

« Slam Dunk est le tout premier succès de Takehiko Inoue, c’est aussi la série qui en fera le mangaka respecté qu’il est aujourd’hui. » (Badelel)

Genèse : Kaede Purple

C’est en 1988 que Takehiko Inoue participe à un concours organisé par l’éditeur japonais Shûeisha. Il présente pour cette occasion le manga Kaede Purple et est récompensé par le Prix Tezuka du mangaka le plus prometteur. Ce manga est ensuite paru dans le magazine Shônen Jump, ce qui ouvre à l’auteur de bonnes perspectives d’avenir.

Cette histoire courte d’une trentaine de planches n’a jamais été éditée en France mais pour les plus curieux, il existe une version scannée traduite et mise en ligne sur internet par des passionnés.

On y retrouve déjà l’ambiance propre à Slam Dunk : le basket pratiqué dans le gymnase de l’école, des bagarres et des voyous, des noms comme Akagi (le gorille) qui seront réutilisés, un nom de collège très proche du célèbre « Shohoku » et bien sûr le héros de la série Kaede Rukawa.
« Le meilleur rookie » a ici une allure plus enfantine mais déjà le même profil du beau gosse rebelle et énervant.

Un manga fondateur

Takehiko Inoue garde cette histoire dans un recoin de son esprit jusqu’en 1990 où, fort de son expérience d’apprenti auprès de Tsukasa Hôjo et après un premier manga d’auteur (Chameleon Jail, en 2 volumes), il se lance dans une nouvelle série basket : Slam Dunk !
Le pari est risqué car ce sport n’est pas du tout médiatique au Japon à l’époque. Son éditeur lui demande alors d’intégrer une romance à son récit comme issue de secours pour relancer l’intrigue au cas où la série ne fonctionnerait pas… On l’aime bien Haruko, mais heureusement pour le basket, l’auteur a pu mener son histoire comme il l’entendait.

Le succès est immédiat et à l’instar d’Hikaru no Go qui a œuvré pour l’essor de ce jeu traditionnel au Japon et dans le monde entier, Slam Dunk va créer un réel engouement pour le basket dans l’archipel.

À quoi doit-on le succès de Slam Dunk ?

« C’est aussi un excellent manga sportif. Selon moi l’un des meilleurs à être parvenus jusqu’à l’Hexagone ! » (Badelel)

« Volontaire et expressif, ce sont des qualificatifs que nous pourrions aussi attribuer à cette série sur le basket, tant la narration d’Inoue est fluide et le graphisme plein de punch. » (Lunch)

C’est sûrement son héros grand dadais au look de mauvais garçon qui attire l’œil en premier. Il faut dire qu’un gaillard de deux mètres qui se teint les cheveux en rouge ça ne court pas les rues. Son physique en impose. Alors quand une jeune fille lui demande s’il pratique le basket et qu’il devient tout mielleux… oui, nous sommes bien dans un shônen après tout.
Hanamichi Sakuragi va intégrer le club du lycée et y faire ses marques. Quand bien même il n’a jamais pratiqué, il va tout apprendre en commençant par les bases rien que pour les beaux yeux d’Haruko.
« L’arme secrète » de Shohoku ne cessera de progresser tout au long des 31 tomes de la série, aux côtés de coéquipiers tous aussi forts en gueule…

C’est ainsi qu’on retrouve Rukawa bien sûr, le grand rival autant sur le terrain (c’est la star de l’équipe) que dans la vie (c’est l’idole des filles), mais aussi de formidables équipiers comme Mitsui « le MVP », Ryota le meneur et bien sûr Akagi « le gorille ».
Voilà donc le 5 majeur de Shohoku, qui va s’émanciper ensemble pour devenir une équipe crainte dans tout le département… Alors certes Slam Dunk fait la part belle aux individualités tout en prônant la cohésion d’équipe ce qui provoque finalement un petit quiproquo : le basket ne se joue pas à 5 et une bonne profondeur de banc est indispensable… normalement (il y a bien Kogure « le binoclard » mais il fait vraiment figure de personnage secondaire).

« J’ai appris a apprécier les belles positions au basket en lisant ce manga. Elles sont ici très visuelles, très esthétiques ! » (Badelel)

« Le moindre mouvement est fidèlement esquissé, les efforts sont lisibles et les muscles presque palpables. » (Lunch)

L’auteur lui-même est une autre raison du succès de Slam Dunk.
Son dessin, au départ balbutiant et un peu gras, ne cesse de s’affiner tout au long de la série. Les connaisseurs apprécieront surtout ce style très réaliste et les postures basket incroyablement fidèles : Inoue est très fort pour retranscrire les gestes propres au sport et nous en met plein la vue, imposant à nos yeux un trait esthétique, tout en dynamisme et expressivité : les muscles sont saillants et les efforts criants.

Tout ces éléments font de Slam Dunk un manga à la fois crédible (le basket est un sport explosif) et drôle : c’est frais, c’est décalé, c’est prenant !

Takehiko Inoue – Un auteur hors-normes

La fin de Slam Dunk – que je ne dévoilerai pas – a frustré nombre de ses fans. Elle est surprenante c’est un fait, mais elle est pourtant parfaite, s’achevant sur l’image d’une équipe conquérante et unie. Tahehiko Inoue ne regrette pas cette conclusion et malgré la demande incessante des lecteurs il n’a jamais souhaité revenir dessus.

Pourtant, pour fêter les 100 millions d’albums vendus (en 2004), l’auteur s’est rendu dans le lycée désaffecté de Misaki – celui-là même qui a inspiré Shohoku – pour redonner une vie éphémère à ces héros.
Il a mis 4 jours pour remplir de fresques les 23 tableaux noirs de l’école, composant une histoire se déroulant 10 jours après la fin de la série. Un dessin à la craie rendu visible 3 jours durant et que 5000 chanceux auront pu contempler… il n’aura fallu que 2 heures pour tout effacer…

Takehiko Inoue s’est forgé une réputation d’auteur atypique en partie sur cet événement, mais également en rachetant les droits de Slam Dunk à son éditeur Shûeisha, ce qui n’a été rendu possible qu’avec l’incroyable succès commercial du manga.
Inoue était mécontent du merchandising réalisé autour de Slam Dunk. Il faut dire que l’animé ne rendait pas hommage au basket avec des gestes maladroits et mal retranscrits. Les produits dérivés de la série sont de fait plutôt rares et surtout parfaitement maîtrisés, en témoignent ces figurines sorties au compte-goutte ces dernières années à l’effigie du 5 de Shohoku.

Qu’est devenu le basket au Japon depuis la fin de Slam Dunk ?
L’archipel a multiplié ses licenciés et a même organisé le championnat du monde en 2006.
L’équipe nationale ne s’est cependant jamais hissée dans le haut niveau mondial, malgré la présence dans l’équipe d’un certain J.R. Sakuragi… Un rouquin de 2 mètres ? Non, un américain naturalisé fan de Slam Dunk. Comme quoi l’engouement pour ce manga à largement dépassé les frontières de l’île du soleil levant !

Lunch

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  1. […] millions d’exemplaires, soit le 9ème manga le plus vendu au monde comme le soulignait Lunch dans sa synthèse dimanche dernier), elle provoque un enthousiasme retentissant autour du basket qui devient […]

  2. […] parus en France : – Real, Kana, 2005 – Slam Dunk, Kana, 1999 – Vagabond, Tonkam, […]

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