real

♦ Après l’immense succès de Slam Dunk (série classée meilleur manga en 2007 par l’Agence des affaires Culturelles) ♦
♦ Vendu à plus de 14 millions d’exemplaires ♦
♦ Prix de l’excellence lors du Japan Media Arts Festival (2001) ♦

 

Lunch : « Avec Real, sport et dépassement de soi n’ont jamais été autant liés ! »
Badelel : « Real est une série un peu à part dans le monde du manga. »
Bidib : « On retrouve […] tout le talent de Takehiko Inoue. »
Livr0ns-n0us : « Real, c’est avant tout une leçon de vie, et c’est cela qui m’a transportée. »

En 1996, Takehiko Inoue signe le dernier tome de sa série à succès, Slam Dunk. Acclamée sur la terre entière (120 millions d’exemplaires, soit le 9ème manga le plus vendu au monde comme le soulignait Lunch dans sa synthèse dimanche dernier), elle provoque un enthousiasme retentissant autour du basket qui devient l’un des sports les plus populaires au Japon.

On aurait pu penser qu’après 31 tomes, l’auteur enlève définitivement son maillot et range ses baskets, mais l’appel du terrain est bien plus fort… Parallèlement à sa nouvelle série, Vagabond, commencée en 1998, Takehiko Inoue imagine Real. « Difficile de ne pas penser à Slam Dunk en lisant Real », souligne Badelel d’entrée de jeu. Il y est effectivement question de basket, mais la ressemblance s’arrête ici et ce pour plusieurs raisons :
– Il s’agit… d’handi-basket ! Un pari audacieux mais réussi, qui a su séduire tous les K.BDiens. Ce n’est d’ailleurs pas sans une petite pointe d’admiration que Lunch analyse : « Inoue, avant-gardiste dans l’âme, récidive avec Real et prend une nouvelle fois le contre-pied de ses confrères, n’hésitant pas à ancrer son récit dans le domaine du handisport ».
– Contrairement à Slam Dunk, le basket n’est pas le thème principal de Real mais son fil conducteur, ce qui n’est pas sans me soulager, moi qui craignais « quelque chose à la Olive et Tom (Captain Tsubasa) : des pages et des pages de terrains interminables, des dialogues minimalistes, des tas de bons sentiments… ». Pour tous ceux qui ont lu les deux séries de l’auteur, la différence est nette. Badelel est formelle : « Real est traité avec beaucoup beaucoup beau-coup plus de maturité que son prédécesseur […] l’approche est bien plus grave et plus adulte ». Lunch quant à lui insiste sur le fait que « Real n’est […] pas un manga de basket. La série s’attarde plutôt sur les hommes, sur leurs expériences et leurs ressentis, sur leur vie d’avant qu’ils subissent et sur l’avenir qu’ils se construisent pas à pas, dans la douleur et la difficulté ».

Mais ça raconte quoi, Real ? Les histoires croisées de personnages extrêmement forts et bien développés. Il y a Nomiya, l’adolescent un peu loser passionné de basket, en rupture scolaire depuis son accident de moto. Lui s’en tire presque sans aucune égratignure, mais sa passagère perd l’usage de ses deux jambes. Rongé par la culpabilité, le jeune homme perd le goût des choses. Il y a Togawa, le jeune loup solitaire à l’histoire tragique, qui pratique avec virtuosité le basket en fauteuil roulant depuis qu’il a été amputé d’une jambe. Déterminé, fonceur, porté par un fort esprit de compétition, il joue chaque match comme si c’était sa vie. Il y a Azumi, la manager de l’équipe d’handi-basket, toujours bienveillante. Il y a Takahashi, l’adolescent arrogant et populaire que le renvoi de Nomiya propulse au rang de capitaine de l’équipe de basket de l’école. Le destin le frappe au sommet de sa gloire… « Le manga évolue à un rythme assez lent, chose indispensable pour bien assimiler la transformation des psychologies. L’auteur prend ainsi le temps nécessaire à l’évolution des sentiments et des caractères. Personne n’est délaissé, il dépeint chaque protagoniste avec la même attention […] » remarque Lunch.  Et c’est ce soin apporté à chaque personnage qui a su me séduire et me donner envie de lire la suite de Real : « Si ce premier tome se concentre sur la rencontre entre les deux garçons [Nomiya et Togawa], on y croise pourtant bien d’autres personnages en toile de fond, et l’on pressent immédiatement que chacun aura son importance ».

Le basket « vient finalement s’imposer comme un fil rouge pour développer des histoires plus difficiles, plus sociales : la difficulté de perdre sa mobilité, d’accepter sa propre différence, de devenir « un déchet de la société » » résume Badelel. Des thèmes porteurs et particulièrement bien traités qui ont su nous toucher par leur universalité comme le relève Lunch : « Real défend des valeurs humaines et, sous couvert de dialogues finement mis en scène, prône l’abnégation envers et contre tout ». Je ne pratique pas le basket, je ne suis pas en fauteuil roulant, mais Real a pourtant profondément résonné en moi, car les émotions vécues par les protagonistes sont bel et bien… réelles. « Chaque personnage fait face à ses propres défis et obstacles qu’il doit surmonter en se remettant en question chaque jour », ai-je analysé ; n’est-ce pas ce que nous vivons nous-même au quotidien ? Cette « volonté d’aller de l’avant qui caractérise l’ensemble des personnages […] fait de Real un manga moral d’une grande force » précise Lunch, et c’est sans doute ce qui a marqué Bidib lors de la lecture du premier tome. Le deuxième trouve un peu moins grâce à ses yeux car, contrairement à l’opus précédent, les histoires des personnages « se poursuivent parallèlement sans qu’aucune interconnexion ne se dessine. C’est donc moins dynamique, moins prenant » analyse-t-elle.

Malgré cette légère déception, Bidib est toujours autant emballée par les « très beaux dessins », qui m’ont également transportée, non seulement par leur précision et leur mouvement mais également par leur originalité : « Le trait fin et vif de Takehiko Inoue donne beaucoup d’allant et d’énergie à l’ensemble du récit ; j’ai été très sensible à la qualité des expressions des visages. L’auteur insuffle beaucoup de vitalité à chacun de ses personnages, d’ailleurs tous très reconnaissables. Quel plaisir de s’éloigner des figures et attitudes formatées de certains mangas ! ». Finalement, comme Lunch et moi le soulignons, c’est l’alliance parfaite de tous ces éléments qui fait de Real une série aussi puissante et réussie : « L’auteur s’illustre non seulement dans ses dessins à la plume, vifs, expressifs et détaillés mais aussi dans son talent de dialoguiste », analyse mon camarade. On aimerait dévorer la suite mais il faudra se montrer patient : seulement 13 volumes sont parus à ce jour. Vous l’aurez compris, Real est un OVNI, aussi bien en raison de son sujet que de la façon dont Takehiko Inoue y travaille, comme le constate Badelel : « C’est une série qu’Inoue avance… en dilettante !!! Oui vous avez bien lu : il n’y travaille qu’occasionnellement, en parallèle de sa série principale, Vagabond. Ceci n’est bien sûr rendu possible que parce qu’Inoue est son propre patron et qu’il n’a pas d’éditeur au-dessus de la tête ». Pas de problème, je crois qu’on est tous prêts à attendre un peu…

 

Livr0ns-n0us

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Une réponse "

  1. […] parus en France : – Real, Kana, 2005 – Slam Dunk, Kana, 1999 – Vagabond, Tonkam, […]

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