vagabond

Avec Vagabond, Inoue nous offre une adaptation libre du roman La Pierre et le Sabre d’Eiji Yoshikawa, qui lui-même adapte de façon romanesque la vie de Miyamoto Musahi, un célèbre bretteur du début du XVIIème siècle. Ce manga nous raconte le cheminement de Musashi qui, après avoir échoué à se distinguer lors de la bataille de Sekigahara, décide de consacrer sa vie à l’apprentissage du sabre. Son but : devenir le meilleur sabreur du pays. Et il va pour cela arpenter tout le Japon afin d’affronter les meilleurs guerriers. Musashi entreprend un véritable bushido au sens littéral comme au sens figuré (le bushido étant la « voie du guerrier », composé de bushi (武士) : guerrier et do (道) : chemin, voie), sacrifiant sur le chemin de la réussite amour et amitié. Dans son cœur il n’y a plus de place que pour les combats et le sang. Sa démarche a quelque chose de très austère, très emprunte de philosophie zen.

D’autres personnages viennent pimenter cette quête, personnages fictifs mais aussi réels comme Kojiro Sasaki, autre célèbre bretteur de l’époque, qu’Inoue embelli en le rendant aveugle. Si cet handicap ajoute de l’intensité dramatique au personnage, ce n’est pas historique, comme sans doute de très nombreux détails de ce récit. Peu importe ! Historique ou pas on se laisse emporter par cette quête d’absolu très… japonaise ! Le dépaysement est garanti !

Kojirō Sasaki et Miyamoto Musashi – estampe – auteur inconnu

Pour ma part j’ai pris du plaisir à lire ce manga dont seules les images, magnifiques, suffisent à vous donner envie d’y jeter un œil. Au delà de l’indéniable talent graphique d’Inoue, l’auteur sait aussi créer des personnages attachants et une tension qui fait qu’on se laisse captiver par le récit. Ceci dit, personnellement, j’ai trouvé l’ensemble beaucoup trop long. Surtout que j’ai lu une vingtaine de tomes les uns à la suite des autres. Je commençais à me lasser… Histoire de ne pas trop nous ennuyer, Inoue n’hésite pas à délaisser le fil principal de son histoire pour s’intéresser aux personnages secondaires. Mais, pour ma part, j’aurais préféré une série plus courte et des spin-off.

Aucunement impressionné par sa longueur, Lunch qualifie ce manga de « génial » et le conseille à tous les amateurs de Japon féodal. Ce qui l’impressionne plus particulièrement c’est la capacité d’Inoue à changer de style graphique d’une œuvre à l’autre : « Il y a un véritable travail sur Vagabond, qui dénote vraiment avec ses autres œuvres. Le dessin est plus expressif, plus tourmenté. Plus réaliste. »

Badelel met l’accent sur le talent d’Inoue à donner une tension au scénario. Son admiration se penche aussi du côté des personnages dont elle souligne l’ambivalence, « à la fois extrêmement sérieux et tout à fait ridicules ». Mais là où elle ne tarit pas d’éloges c’est sur la technique du dessin d’Inoue, mélangeant habilement coups de crayons et de pinceaux.

Le succès est au rendez-vous ! Yvan, sous le charme également, qualifie Vagabond d’« excellente série ». Rien de moins ! Arrivé au vingt-quatrième tome, Yvan souligne l’évolution du personnage et son apprentissage du sabre devenant de plus en plus spirituel au fil du récit. Cet aspect étant mis en valeur notamment par la présence de Kojiro Sasaki dont on suit l’évolution en parallèle de celle de Musashi. Selon Yvan, ce vingt-quatrième volume est « à considérer comme un tome de transition ».

Là vous vous dites : « Waw ! c’est un sans faute ». Sauf mon reproche contre la longueur du récit, tout le monde semble enthousiaste… Eh bien non ! Attendez un peu l’avis impitoyable de Champi pour qui Inoue tombe dans le défaut de nombreux auteurs de shonen et seinen : « Émotions surjouées, compositions emphatiques, métaphores trop appuyées et dialogues… indigents ». Pour Champi, toute la subtilité du roman se perd dans cette adaptation qui décidément n’a pas trouvé grâce à ces yeux. Peut-être est-ce aussi dû aux trop grandes éloges faites par ses camarades ?

Que dire d’autre pour conclure ? Qu’il ne reste plus qu’à vous faire votre propre opinion. Et à la partager avec nous, bien sûr.

J’ajouterai tout de même un petit mot pour la fin : tous mes camarades ont parlé du roman Musashi d’Eiji Yoshikawa (connu en France sous le titre La Pierre et le Sabre et La parfaite lumière) qui a servi de source d’inspiration à Inoue, mais tous semblent avoir oublié le vrai Miyamoto Musashi dont la vie avait déjà été bien embellie par le roman ! Comme dirait Lunch : si vous aimez les manga et les samouraïs, emparez-vous de Vagabond. Si vous cherchez un récit historique bien documenté, un traitement réaliste de la vie du samouraï de l’époque… passez votre chemin. Ou plutôt allez vous promener du côté des gekiga d’Hiroshi Hirata ! Ici on est dans du « gros seinen qui tache », le joli dessin en plus.

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  1. […] le temps m’a manqué pour vous en parler. Aujourd’hui est un grand jour puisque ma première synthèse est publié sur k.bd !  Alors… fallait tout de même que je prenne quelques minutes pour vous en […]

  2. […] parus en France : – Real, Kana, 2005 – Slam Dunk, Kana, 1999 – Vagabond, Tonkam, […]

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