ours-barnabe

A toi le passant qui passe (eh, eh) entre deux arbres, entre deux eaux, et ne vois pas ce qui se cache vraiment derrière chaque feuille, buisson, bosquet, viens t’asseoir dans l’herbe fraîche (et bien verte !) et écoute l’ours Barnabé.
N’aie pas peur : ses grandes dents ne lui servent qu’à mordre la vie (et quelques poissons) et ses griffes lui permettent avant tout de déchirer les idées reçues et les apparences.

Cela fait bien longtemps que ce petit bois tranquille et discret a été découvert par Philippe COUDRAY. En bon humain égoïste, il aurait pu le garder pour lui. Mais c’est bien mal le connaître et si Barnabé l’a laissé s’approcher, c’est qu’il a dû éprouver pour lui une grande affinité. Une forte empathie.

Cet empathe d’ours (ah, ah) n’en finit pas de surprendre son auteur depuis plus de trente ans. Laisse-toi guider par son regard et son imagination : « observer son environnement immédiat et jouer avec les codes » (Lunch) sont ses activités favorites et lui permettent d’aborder en douceur « écologie, rapport à l’autre/rapport au monde et vie quotidienne » (Mo’).

Tout en douceur, oui, car notre Barnabé n’est pas du genre à terroriser mais plutôt à réconforter, même s’il ne nous rassure pas toujours de prime abord : « il n’est pas rare [de devoir prendre] un moment de réflexion pour comprendre sa dernière bizarrerie. Il faut toutefois savoir faire fi de toute logique spatiale et temporelle, seule compte la logique de Barnabé ! » (Badelel)

Une logique mêlant « absurde » (Mo’), « jeux de mots » (Lunch), « art du décalage » (Champi).
« Je crée des réponses pour que les petits et les grands trouvent les questions ! » nous rappelle-t-il grâce à Badelel.
Tu l’auras compris : un vrai philosophe, l’animal ! Jamais cruel, agressif ou pontifiant, simplement fin et pertinent. A l’affût des évidences, des idées reçues et des travers humains. Un parfait et intelligent critique de ce que l’on pourrait nommer la « supériorité humaine » que Barnabé détourne avec poésie et contre-pied.

De toi, passant qui passe (re eh, eh), j’entends les reproches graphiques que tu pourrais formuler : si le plantigrade brille par sa prose et ses idées, que son trait est plat et terne !

Pauvre de toi qui ne vois pas plus loin que le bout de ta truffe trop habituée aux grands effets et à la surcharge pour encore goûter au plaisir de la simplicité.
Tu trouves qu’elle crée « un décalage entre le personnage dont la personnalité est si forte et le dessin si aride » ? (Badelel). Juge pourtant de son efficacité : elle offre « une grande liberté quant aux possibilités d’accueillir les propos de l’ours. » (Mo’)

Et en allant plus loin – ce que chaque page, chaque case de cette bande dessinée faussement simpliste t’invitent à faire – tu découvriras « une forme de coquetterie dans ce choix de dessiner la nature. Elle est belle, attrayante, pétillante de fraicheur. » (Mo’)

Une fraîcheur à l’aune de celle du regard que t’offre Barnabé et qui, elle non plus, n’a pas pris une ride malgré le temps qui passe.

Alors à toi passant pressé qui risquerait de passer à côté, arrête-toi quelques minutes, le temps de quelques pages, et écoute l’ours COUDRAY qui, sans en avoir l’air, dépoussièrera ton regard et ta petite musique intérieure d’un salutaire détournement de formes et de mots.
Et si l’épaisseur des intégrales proposées par la Boîte à Bulles – que nous mettons à l’honneur ce mois-ci, sur k.bd – t’effraie, n’oublie pas que chaque voyage en terre velue ne dure qu’une page : tu peux donc les faire à ton rythme, à pas lents ou gourmands, au gré de tes envies.

Nous sommes plusieurs promeneurs, de tous âges, à avoir déjà été conquis.
Nous te trouverons bien un petit coin libre sur la nappe à cases de notre pique-nique philosophique et humoristique.

Bon appétit !

Badelel : « Philosophe, poète, artiste, écolo, futé, drôle, pacifiste… Bien des qualificatifs conviennent au héros de cette BD. »
Champi : « Ses points de vue décalés nous offrent une distance salutaire au monde en nous le donnant à voir sous un autre angle. »
Lunch : « L’ours Barnabé est empli de messages philosophiques, de ces petites pensées du quotidien qui font sourire et nous laissent songeurs. »
Mo’ : « Barnabé a l’art de rendre visibles les liens ténus qu’on élude habituellement dans notre manière de voir le monde qui nous entoure. »

Champi

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Une réponse "

  1. […] F. Delasalle), 2015 Où es-tu Léopold, tome 1 (Michel-Yves Schmitt & Vincent Caut), 2013 L’Ours Barnabé intégrale 1 (Philippe Coudray), 2010 Palestine dans quel état (Maximilien Le Roy & Emmanuel […]

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