3grammes_kbd

3 grammes, c’est l’équivalent de 100 € d’or pur, c’est le poids d’une cuillère à café de cacao, c’est 7 fois moins que le prétendu poids de l’âme…
3 grammes, c’est aussi le poids d’une tumeur… d’une tumeur de l’ovaire plus précisément… si léger et pourtant si effrayant !

Récit autobiographique délivré 6 ans après sa grave maladie, le manhwa de Jisue Shin évoque son combat contre le cancer.
C’est un simple gonflement de ventre qui lui met la puce à l’oreille. Anodin de prime abord, il décide l’auteure/héroïne à consulter un médecin… qui se trompe dans le premier diagnostic. Mais un scanner plus tard et elle doit faire face au terrible verdict : sa vie bascule !

Ce genre de témoignage sur le cancer est de plus en plus fréquent, parce que les progrès de la médecine sont significatifs et que la lutte contre la maladie est de plus en plus efficace, parce que les messages positifs sont une aide non négligeable pour des patients en quête de repères.
Jisue Shin se livre en quelque sorte à une psychothérapie. Lorsqu’elle était seule dans son lit d’hôpital, elle avait besoin de ce genre de lectures qui lui permettait de trouver le courage d’affronter sa maladie.
Dans la bande dessinée aussi les témoignages sur le cancer se succèdent. Après le temps des « défaites » (Journal d’un adieu ; La mort dans l’âme ; David, les femmes et la mort), il est maintenant venu le temps de partager quelques « victoires » (voir aussi La Parenthèse).

Mais avant d’en arriver là, la détresse de l’auteure a été grande : diagnostic, choc, hospitalisation, peur, opération, douleur, chimiothérapie, effets secondaires, doutes, espoir, rémission, vivre… que le chemin fut long et laborieux !
De l’angoisse qui ne s’éloigne jamais bien loin à la joie de la guérison, tous les passages et les états d’âmes sont contés avec justesse et sans pathos. L’histoire est sincère, elle partage de vives émotions, des vides affectifs aux amers sur lesquels s’accrochent les malades. Véritable note d’espoir, ce livre dans le livre en milieu d’ouvrage est l’un de ces îlots de paix dans un moment de déprime.

Dans le récit c’est aussi le reflet du cancer qui est mis en face du miroir, la perception des autres qui est mise en évidence. Les nombreux tabous qui touchent cette maladie sont d’autant plus forts que beaucoup de gens ne s’en relèvent pas. Des silences symptomatiques s’en suivent, pesant, lourds de sens, trahissant les malaises.

Pour accompagner ses propos Jisue Jin, qui est par ailleurs illustratrice jeunesse, utilise un dessin très simpliste. Nous sommes quelques uns à avoir été rebutés par ce style minimaliste et pas franchement attirant, avec des pages aérées et des textes courts.
Force est de constater que le trait va droit à l’essentiel, qu’il est efficace et pourtant pas dénué d’humour. Une expressivité louée par nombre d’entre nous, séduits par tous ces non-dits qui parlent parfois plus que des mots.
Ce n’est pourtant pas mon cas, déçu de n’avoir pas été plus concerné par cette lecture, dont la tonalité peut-être trop légère sur un sujet qui ne l’est pas du tout m’a décontenancé.
Qu’à cela ne tienne, j’ai pu faire le plein d’émotions avec ces quelques doubles pages magnifiquement illustrées à mi-album, qui appuient fort sur un sentiment de solitude très pesant et dont l’usage de la métaphore est beau.
Des émotions justement, qui sont transmises avec beaucoup de talent. Nous n’avons pas tous accroché à 3 grammes, mais nous les avons tous ressenties.

Nous l’avons dit :
Badelel : « C’est raconté avec cette simplicité et cette discrétion toutes coréennes, c’est pourtant très expressif, privilégiant la psychologie et le ressenti. »
Bidib : « Je n’ai pas été transportée par cet album, je n’ai pas été surprise ou choquée, le graphisme de Jisue Shin n’est pas remarquable, mais son témoignage est touchant et plein d’espoir. Un message : ne pas baisser les bras face à la maladie. »
Lunch : « En dehors de ça, je regrette que cette lecture ne m’ait pas plus touché. »
Yvan : « La jeune graphiste coréenne raconte sa lutte avec sincérité et partage ses émotions, ses interrogations et ses peurs avec beaucoup de pudeur, sans sombrer dans l’excès. »

 

Lunch

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Une réponse "

  1. […] difficilement trouvable), Adulteland de Yeong Jin Oh sorti en 2014 chez FLBLB et enfin 3 grammes de Shin Jisue publié chez Cambourakis.» […]

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