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Le thème du mois se poursuit sur K.BD en compagnie d’une bande de flibustiers qui ne se prend pas du tout au sérieux. Oubliez donc les pirates intrépides, bagarreurs et sanguinaires, car ceux de Nicolas Pothier, Frédérik et Greg Salsedo dansent en tutu sur du Mozart au clair de lune, rejettent à l’eau les trésors qu’ils mettent à jour et enchaînent les calembours comme d’autres les crises de scorbut.

Ce premier volet débute par l’entrée en scène extraordinaire d’un petit marin excentrique qui s’annonce comme le nouveau capitaine du navire. Charles, l’ancien propriétaire de la Kouklamou, vient en effet de perdre son navire et tout son équipage aux cartes. Quelques minutes suffisent au nouveau leader pour prendre ses marques à bord et s’adonner à ses passions : la lecture, la peinture, la sculpture… Bref, l’art !

« Moussaillons, réfléchissez ! Abandonnons ces trésors ! Et nous serons enfin débarrassés de tout ce qui muselle notre créativité ! »

Plus amoureux d’art que d’or, le capitaine préfère donc clairement vaquer à ses occupations favorites et n’hésite pas à le faire immédiatement savoir à son second :

« Tu sais ce que je pense de ces chasses au trésor, Romuald ? C’est puéril. En plus, si on nous voit, on va passer pour des scouts. »

Démarrant de manière absurde, le reste de l’histoire est du même acabit et ceux qui se demandent où les auteurs veulent les conduire avec ce récit totalement déjanté comprendront bien vite qu’ils vont tout simplement se faire mener en bateau. Chaque aventure des sympathiques pirates de Nicolas Pothier n’est en effet qu’un prétexte pour délivrer de l’humour, des clins d’œil cocasses, des dialogues délirants et des jeux de mots bien réfléchis, qui s’enchaînent avec grande fluidité. Le scénario joue à l’excès avec l’absurdité des faits et le décalage constant des situations, tandis que le caractère quelque peu insaisissable de Capitaine permet au scénariste toutes les loufoqueries. Voguant à la recherche de la moindre vanne cachée, le lecteur se délectera de la naïveté des personnages, même s’il lui faudra parfois du temps avant de réaliser l’énormité de certains gags.

Ce mélange d’humour, de finesse, de dérision, de poésie, de critique sociale (avec les fameux Dos Fixes) et de fraîcheur ne se retrouve pas uniquement dans les dialogues, mais également au niveau du dessin. Graphiquement, le duo Salsedo offre à l’histoire un trait rond et des couleurs légèrement patinées qui baignent décors et protagonistes dans une ambiance à la fois authentique et qui ne saurait se prendre au sérieux. Le trait est dynamique, les personnages particulièrement expressifs, avec des mimiques qui accentuent d’autant le côté humoristique de l’histoire. Multipliant les gags visuels et accompagnant les inévitables bides de têtes de mort volantes, le graphisme entretient donc brillamment l’esprit totalement loufoque de cette aventure maritime.

Les avis des différents membres de K.BD sont donc unanimes. Legof parle d’un très bon divertissement incroyablement dingue, dont il veut lire la suite pour comprendre où les auteurs veulent l’emmener. Choco invite les amateurs d’humour et de loufoquerie à prendre le large avec les pirates de Ratafia, notant judicieusement au passage, qu’avec ses différents niveaux de lecture, cette série tout public séduira non seulement les plus jeunes, mais plaira également à un public adulte. Champi, qui n’hésite jamais à se jeter à l’eau, s’est évidemment lancé à l’abordage de cette cargaison d’humour fin et décapant. Il est également curieux de découvrir la suite, afin de pouvoir profiter de nouvelles brassées de jeux de mots approximatifs (dont il raffole), de situations improbables et d’un dessin très agréable. Quant à moi, à chaque fois que j’ouvre un album de Ratafia, j’éprouve le même plaisir qu’Obélix quand il croise ses pirates favoris : une joie intense à l’idée de passer un excellent moment !

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  1. […] (Bonifay-Terpant), Casterman, 2001 – Les Pirates de Barataria (Bourgne/Bonnet), Glénat, 2009 – Ratafia (Pothier/Salsedo/Pilet), Treize étrange, 2005 – Renégats (BALADI), The hoochie Coochie, 2012 – […]

  2. […] également l’avis à plusieurs mains de K.BD […]

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