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Continuons notre sélection par l’album le plus encensé de l’année (qui vient de recevoir le grand prix de la critique ACBD 2016) : Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro. C’est plutôt rare pour un album comique. Mais dans le fond, pas étonnant. Cette année 2015 fut noire. Plusieurs atteintes directes et sanglantes envers ce/ceux que l’on aime nous auront marqués à jamais. Résister par le rire sous toutes ses formes reste la meilleure réponse possible… Sans surprise, cet album est unanimement apprécié au sein de l’équipe. Morceaux choisis :

Mo’ : « Dans un supermarché, de nos jours. Un homme a commis l’irréparable : un oubli de carte de fidélité dans un autre pantalon !! Ni une ni deux, le vigile est sur place pour interpeller le malfrat…
Ce dernier, auteur de bande dessinée et prénommé Fabrice de surcroît, se sent acculé. Perdant la raison, il saisit un poireau pour se défendre. Jamais il n’avait commis un tel méfait. Puis, cédant à la panique, il fuit le lieu de son délit. C’est le début d’une longue cavale. […]
Dans ce nouvel album, Fabcaro se met de nouveau en scène et se lance dans une folle cavale. Critique acerbe (mais amusée) du système capitaliste, Fabcaro illustre les travers de nos sociétés. En tournant à la dérision des habitudes [de consommations] anodines, il invente une chasse à l’homme d’un nouveau genre. Il n’hésite pas à sortir l’artillerie lourde pour un délit absurde (un oubli de carte de fidélité). Immédiatement, journalistes et forces de l’ordre sont sur ses talons. 
»

Yvan : « De l’opinion des médias à celui de ses proches, chaque planche de cet album livre un point de vue différent, tout en suivant la progression du fugitif. Si la plupart des réactions se font en une planche, certains passages, comme la rencontre d’une fille dont il était amoureux au collège, se déroulent sur plusieurs pages. Au fil des étapes, l’auteur s’amuse à détourner les réactions de la société vis-à-vis d’un fait divers d’envergure nationale. C’est totalement burlesque, mais derrière cet humour décalé qui m’a fait éclater de rire à plusieurs reprises, se cache néanmoins une analyse profonde et subtile de notre société. »

Badelel : « Difficile dans tout ça de déterminer si l’auteur dénonce des situations (dérives de la société de consommation, surmédiatisation, intolérance, théorie du complot…) ou s’il s’en sert uniquement comme base pour aller le plus loin possible dans l’absurdité.
Au milieu de tout ça, on retrouve pêle-mêle du Balavoine, du Goldman, du Jacky Galou et du Joe Dassin (faut bien justifier le titre d’une façon ou d’une autre…).
On retrouve à nouveau son trait « jeté » qui donne une impression de « pas fini » qui ne manquera pas d’en déranger certains, complété par des aplats de noir et de vert. »

Mitchul : « Là où il est fort et mérite d’être encensé, c’est pour cette précision quasi chirurgicale. L’humour ne supporte pas l’à-peu-près et Fabcaro l’a bien compris. Il fait preuve ici d’une parfaite minutie dans les plans, les cadrages, les attitudes, les dialogues… Un rythme théâtral, avec peu de mouvement et de nombreux plans fixes. Il enchaîne les gags à chaque page (voire à chaque case) sans se répéter et réinvente l’art de la chute par la roulade arrière. Chaque réplique est vectrice de gag, misant sur un constant décalage avec les images. »

Champi: « Y a pas dire, bien joué ! Un vrai Joe DASSIN des planches à dessin – tu mériterais qu’on te rebaptise Joe DESSIN, tiens ! – qui, derrière des chansons prétendument subversives (Tagada voilà les Dalton, Il faut naître à Monaco…) peaufinait des blockbusters musicaux à faire pleurer CALOGERO (sic).
Trêve de style et d’ampoules aux phrases : la fuite éperdue du personnage-auteur (persoteur ?) alimente un récit brillant ayant réussi l’amalgame de l’autorité et du charme (ah ah), patchwork de gags en une page à l’absurdité décapante (si, si !) réunis autour d’un fil rouge qui rit jaune.
FABCARO s’était déjà posé en auteur humoristique de talent, le voilà maintenant adoubé pamphlétaire sans en avoir l’air. Si tout ça ne finissait pas en chanson, on en redemanderait presque ! A une ou deux roulades arrière près.

Lunch : « On se laisse plutôt porter par les mots et ces quelques réflexions jetées sur nos stupides habitudes de consommateurs. Bien que tout soit extraordinairement capillotracté et poussé à l’extrême, il y a aussi beaucoup de vrai là dedans.
Si l’auteur lui-même évoque « un certain systématisme dans ses schémas de narration » (oui, il s’auto-analyse aussi dans son récit), pourrions-nous pour autant vraiment lui en vouloir – si tant est que ce soit vrai – tant ça fonctionne et ça fait rire ?
Personnellement, j’ai beaucoup ri… Alors bravo !
D’ailleurs, je ne suis pas le seul puisque l’auteur a été consacré au Festival de Saint-Malo 2015 par le Prix Ouest France, grand bien lui en fasse !
»

Mitchul
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  1. […] avons essayé en quelques semaines de rattraper un peu de notre retard grâce à Kersten ou Zaï Zaï Zaï Zaï, albums qui ont à notre humble avis marqué l’année […]

  2. […] de Sèvres 12. Sunny #2 (Taiyou Matsumoto), Kana 13. Voyage de Phoenix, Le (Jung), Quadrants 14. Zaï Zaï Zaï Zaï (Fabcaro), 6 Pieds Sous […]

  3. […] avez décidé cette année que le Prix des lecteurs K.BD serait attribué à : Zaï Zaï Zaï Zaï – Fabcaro – 6 Pieds Sous Terre Excellent choix au passage […]

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